L’image avait choqué : un vestiaire transformé en ring, deux joueurs à bout de nerfs. Depuis ce soir-là à Rennes, Jonathan Rowe n’a plus jamais rejoué pour l’OM. Mais ce clash avec Adrien Rabiot aura été, contre toute attente, le déclencheur d’une renaissance spectaculaire en Serie A.
Le 15 août, le vestiaire visiteur du Stade Rennais a viré à la scène de boxe improvisée. Adrien Rabiot et Jonathan Rowe, frustrés par la défaite, ont laissé exploser la tension qui brûlait dans les entrailles de l’OM. Une altercation rare, brutale, presque symbolique du chaos marseillais. Les deux hommes ont disparu du club dans la foulée. Et pendant que Rabiot trouvait refuge à Milan, Rowe prenait la direction de Bologne. Huit mois plus tard, c’est lui, l’Anglais au tempérament fougueux, qui attire tous les regards. Cinq buts, quatre passes décisives et une confiance retrouvée : le coup de poing du destin, au sens propre comme au figuré.
« Je ne lui en veux pas », lâche aujourd’hui Rowe, apaisé. « Parfois, l’émotion prend le dessus, mais tout arrive pour une raison. » Cette raison, il la trouve désormais chaque week-end sous le maillot de Bologne, porté par la rage de prouver qu’il n’était pas un simple épisode oublié du foot français. L’enfant de Londres, fan de Fernando Torres, a mûri. Il dit avoir appris à transformer la tension en carburant. Le ring de Rennes l’a blessé — mais c’est bien là qu’a commencé son véritable combat : celui pour son nom, sa place et son avenir.
