Éliminé pour la quatrième fois consécutive aux tirs au but en Coupe de France, l’Olympique de Marseille s’enfonce dans une série noire symbolique d’une saison qui s’étiole. Le succès euphorique contre Lyon n’aura été qu’une parenthèse.
Trois jours. C’est tout ce qu’aura duré la sensation retrouvée du bonheur à Marseille. Dimanche soir, le Vélodrome s’était embrasé après la victoire épique face à l’OL (3-2). On croyait le club enfin relancé, capable d’écrire une fin de saison plus apaisée. Mercredi, la désillusion est revenue au galop : tenu en échec par Toulouse (2-2), l’OM a de nouveau chuté aux tirs au but (3-4), quittant la Coupe de France par la petite porte. Quatrième défaite d’affilée dans cet exercice cruel après Annecy, Rennes et Lille : les Marseillais semblent désormais prisonniers d’un scénario qu’ils écrivent eux-mêmes.
Une Coupe qui devait tout changer
L’élimination précoce du PSG avait fait naître un vrai espoir. Sans le géant parisien, les outsiders voyaient enfin la Coupe de France comme une opportunité unique. À Marseille, on rêvait d’un trophée, le premier depuis 1989 dans cette compétition, le premier tout court depuis 2012. Mais les rêves ont vite tourné au cauchemar. Face à un Téfécé solidaire et appliqué, les hommes d’Habib Beye ont une nouvelle fois montré leurs limites mentales dans le money time.
« La déception est à la hauteur de l’attente », a admis Beye sur beIN Sports, conscient du désarroi des supporters. Ironie cruelle du destin : le technicien marseillais vit une seconde élimination dans la même édition, et dans le même stade, après le fameux match rejoué quelques semaines plus tôt.
Pour les fans, la patience s’effrite. Le rêve d’une Coupe censée sauver la saison s’est envolé, et avec lui, les dernières illusions d’une équipe en quête d’identité.
Deux mois pour tout perdre
En l’espace de huit semaines, Marseille a tout laissé filer. De candidat aux barrages de Ligue des champions en janvier à simple figurant du top 6 aujourd’hui, l’OM a dilapidé ses ambitions une à une. Le Trophée des champions, perdu sur une erreur d’alignement dans le temps additionnel, avait déjà donné le ton. Depuis, la Ligue 1 s’éloigne, la Coupe s’évapore, et la crise institutionnelle s’enracine : Roberto De Zerbi s’en est allé, suivi du président Longoria, pendant que Medhi Benatia affiche ses doutes publiquement.
Sur le terrain, cette instabilité se traduit par une équipe fébrile et incapable de contrôler ses émotions. Même Samir Nasri, sur Canal+, n’a pu masquer une inquiétude teintée d’ironie :
« Marseille peut relancer n’importe qui. Aujourd’hui, j’ai peur de n’importe quel adversaire, même Carquefou. »
Symbole d’un club imprévisible et en perte de repères, cette nouvelle désillusion laisse un goût amer. L’OM, acteur d’un feuilleton qui se répète, voit son horizon se rétrécir. Le printemps approche, mais du côté du Vélodrome, l’hiver ne semble pas prêt de s’achever.

