Déficit record, pression de la DNCG, effectif à vendre… L’Olympique de Marseille vit l’une des fins de saison les plus anxiogènes de son histoire récente. Et le pire pourrait encore être à venir.
Il y a quelques mois à peine, l’Olympique de Marseille affichait ses ambitions avec une arrogance tranquille. Un budget estimé à 280 millions d’euros — le plus élevé hors PSG de toute la Ligue 1 — des recrues à prix d’or, le retour en Ligue des champions. Le projet McCourt, longtemps critiqué, semblait enfin avoir trouvé sa vitesse de croisière.
Aujourd’hui, le réveil est brutal.
Une situation financière hors de contrôle
La DNCG, le gendarme financier du football français, a placé l’OM sous haute surveillance. Les chiffres qui circulent donnent le vertige : le déficit du club phocéen pourrait dépasser une nouvelle fois la barre des 100 millions d’euros. Des observateurs proches du dossier n’hésitent plus à sortir une comparaison qui fait mal — très mal — à l’ego marseillais : la situation serait « pire que l’OL sous Textor ».
Rappelons que l’Olympique Lyonnais avait frôlé la catastrophe institutionnelle sous la gestion de l’Américain John Textor, au point d’être placé sous le coup d’une rétrogradation administrative. Que l’OM soit désormais cité dans le même registre dit tout de l’ampleur de la dérive.
L’opération survie est lancée
Face à l’urgence, la direction marseillaise aurait enclenché ce que certains insiders appellent déjà l’« opération survie ». La consigne serait claire : tout l’effectif est potentiellement à vendre avant le 30 juin. Personne n’est intransférable. Pas même les cadres, pas même les plus bankables.
C’est dans ce contexte que le départ de Mason Greenwood — évalué à 55 millions d’euros — prend une dimension autrement plus sérieuse que le simple feuilleton sportif. Pour l’OM, céder l’Anglais n’est peut-être plus un choix, mais une nécessité comptable.
Le paradoxe d’un club trop ambitieux
Ce qui rend cette crise particulièrement saisissante, c’est le fossé béant entre les moyens engagés et les résultats obtenus. Avec 280 millions de budget, l’OM n’a pas décroché de titre, a quitté la Ligue des champions dès la phase de ligue, et termine une saison sans trophée sous les sifflets de son propre public. L’addition sportive est lourde. L’addition financière l’est encore plus.
Pablo Longoria, Medhi Benatia, Roberto De Zerbi, Habib Beye… Les têtes ont tourné à une vitesse rare, sans que la stabilité — ni les résultats — ne suivent. Chaque mouvement a eu un coût. Et les coûts s’accumulent.
L’été de tous les dangers
À quelques jours de la fin de saison, l’OM aborde l’intersaison dans un état de fragilité inquiétant. Le futur directeur sportif Grégory Lorenzi — dont l’arrivée est elle-même semée d’embûches judiciaires — héritera d’un chantier colossal : reconstruire sportivement, assainir financièrement, et convaincre des recrues de venir dans un club sous tension.
Un défi presque insoluble. Sauf que Marseille, dans sa longue et tumultueuse histoire, a souvent su transformer le chaos en carburant.
La question est de savoir si Frank McCourt, lui, en a encore la volonté — et les reins — suffisamment solides.

