OM : Igor Paixão, une recrue trop chère ?

L’OM s’est-il trompé en recrutant Igor Paixão ? La question n’est plus taboue. Entre prix élevé, adaptation lente et éclairs trop rares, l’ailier brésilien cristallise les doutes d’une partie du public. Et pourtant, le dossier est loin d’être aussi simple qu’un verdict à la hâte.

Une arrivée qui a posé plus de problèmes que prévu

L’équation était bancale dès le départ : Paixão arrive blessé, étiqueté comme la recrue la plus chère du club, jeté dans un système exigeant et un calendrier infernal. Résultat, il démarre sa saison en mode survie alors qu’il devait en être l’un des moteurs.

Quand un club paye le prix fort, il attend un impact immédiat. Paixão, lui, a offert des éclairs, pas une continuité. Et c’est bien là que naît le doute : l’OM a-t-il misé trop tôt, trop cher, sur un joueur encore immature ?

Des moments de génie… qui ne suffisent pas à valider l’investissement

Soyons clairs : ses performances en Ligue des champions sont réelles, impressionnantes même. Le doublé contre l’Ajax, le missile contre le Sporting, ou encore son but face à Metz montrent un talent indiscutable.

Mais un recrutement ne se juge pas sur trois soirs européens.
Et c’est là que le bât blesse.

En Ligue 1, Paixão est bien trop intermittent. Ses statistiques sont maigres. Son influence, trop variable. Sa prise de décision, encore approximative. Et ses matchs frustrants – comme face à Lens – donnent des arguments à ceux qui pensent que l’OM s’est trompé de profil.

Pour un joueur censé dynamiter l’aile gauche, l’addition commence à paraître salée.

Mais une erreur de casting ? Pas si vite

Ce serait pourtant réducteur – et probablement injuste – de ranger Paixão dans la catégorie des échecs. Car si l’on observe tout ce qui se passe autour, on comprend que le dossier demande autre chose qu’un simple jugement comptable.

Dans le vestiaire, c’est un travailleur. Un joueur apprécié. Un élément qui ne triche jamais.
Dans le système de De Zerbi, c’est un joueur qui apprend. Et qui progresse. Lentement, parfois, mais sûrement.

Et surtout : Paixão a quelque chose que l’on ne fabrique pas.
Du talent brut. De l’audace. Un instinct offensif qui, quand il se stabilisera, peut devenir essentiel.

L’erreur serait peut-être de juger trop vite

La vraie question n’est peut-être pas : « L’OM a-t-il eu tort de le recruter ? »
Mais plutôt : « L’OM lui laisse-t-il le temps nécessaire pour devenir le joueur que son potentiel annonce ? »

De Zerbi, lui, a choisi son camp :
« Paixão doit dribbler, doit se tromper et recommencer. C’est comme ça que progressent les joueurs de qualité. »

Le technicien italien sait que son ailier n’est pas encore fiable. Mais il sait aussi qu’il peut le devenir.

Verdict provisoire : inquiétude légitime, erreur prématurée

Oui, on peut être inquiet.
Oui, l’investissement semble pour l’instant disproportionné.
Mais non, il est trop tôt pour parler d’erreur.

Les saisons longues ont déjà vu des joueurs passer de “déception” à “indispensable” en quelques mois. Paixão a les atouts pour suivre ce chemin. Encore faut-il qu’il arrive au bout de son adaptation et qu’il enchaîne enfin les performances.

L’OM a pris un risque. Pas une garantie.
Mais un risque qui, s’il prend, pourrait changer la donne.