Il y a des histoires de football qui ressemblent à des retrouvailles inévitables. Celle d’Igor Paixão et d’Arne Slot pourrait bien en faire partie.
Selon un scoop publié par SportsBoom UK le 14 avril et relayé par plusieurs médias britanniques et polonais, le manager de Liverpool pousserait activement en interne pour recruter l’ailier brésilien de l’Olympique de Marseille cet été. Un dossier qui mêle sentiment, stratégie et arithmétique — avec une addition salée à la clé : 60 millions d’euros minimum.
Slot et Paixão : une histoire qui ne s’est jamais vraiment terminée
Pour comprendre pourquoi Liverpool s’intéresse à Paixão, il faut remonter à Feyenoord. C’est là, sous la direction d’Arne Slot, que le Brésilien de 25 ans a véritablement explosé aux yeux de l’Europe. L’entraîneur néerlandais connaît le joueur mieux que quiconque — ses qualités, ses automatismes, sa façon de presser haut, de percuter en un contre un, de se créer des espaces dans des défenses compactes. Selon CaughtOffside, relayé par Empire of the Kop dès le 10 avril, les scouts des Reds avaient déjà été envoyés observer Paixão avant même que le sujet ne devienne public. Leur verdict : « impressionnés » par son niveau technique et son intelligence de jeu.
Slot, lui, n’aurait pas attendu ces rapports pour se forger une opinion. Il « pousse fort » pour une réunion avec son ancien protégé, selon SportsBoom. À Anfield, quand le manager pousse, le club suit généralement.
Une saison marseillaise solide malgré le chaos
Ce qui rend le dossier particulièrement cohérent, c’est le niveau affiché par Paixão dans des circonstances loin d’être idéales. Arrivé à l’OM à l’été 2025 pour 35 millions d’euros — un record pour le club phocéen — l’ailier brésilien s’est imposé comme le principal danger offensif d’une équipe en difficulté en Ligue 1. Douze buts et sept passes décisives en une trentaine de matchs toutes compétitions confondues, dont un but inscrit vendredi dernier face à Metz : des chiffres solides pour un joueur qui navigue dans une saison agitée, marquée par les crises institutionnelles et un vestiaire en pleine recomposition.
Car pendant que Paixão performe, l’OM lui bâtit autour un chantier monumental. Quatorze joueurs poussés vers la sortie — Balerdi, Greenwood, Højbjerg, Rulli et bien d’autres — pour tenter de dégager entre 80 et 100 millions d’euros et assainir des finances sous tension avant l’arrivée de Stéphane Richard à la présidence. Dans ce contexte de purge massive, Paixão figure explicitement parmi les « survivants » — aux côtés de Gouiri et Aubameyang — ceux sur lesquels le projet 2026/27 entend se construire.
L’OM fixe le prix, Liverpool évalue
Marseille n’est pas vendeur. Ou plutôt : pas à n’importe quel prix. Le club phocéen réclame 60 millions d’euros minimum pour lâcher son ailier — soit 25 millions de plus que ce qu’il a déboursé il y a un an, et une valorisation qui tient compte d’un contrat courant jusqu’en 2030 et d’un statut de leader offensif indiscutable. Une somme que Liverpool peut théoriquement aligner, mais qui devra être justifiée sportivement et financièrement dans un contexte où le fair-play financier reste une contrainte réelle pour tous les grands clubs anglais.
Du côté du joueur, la perspective d’un doublement de salaire — de 2-3 millions actuels à 4-5 millions annuels en Premier League — et d’une vitrine comme celle d’Anfield constituent des arguments de poids. Arsenal et Aston Villa avaient suivi Paixão avant son départ pour Marseille ; c’est désormais Liverpool qui tient la corde, avec l’avantage décisif d’un entraîneur qui le connaît dans ses moindres détails.
Un été pour trancher
Aucune offre formelle n’a encore été transmise à l’OM. La décision finale dépendra en partie des résultats des deux clubs d’ici la fin de saison, et de l’ampleur réelle de la purge marseillaise. Mais dans ce dossier, les planètes s’alignent rarement aussi clairement : un entraîneur qui veut le joueur, un club qui peut payer, un vendeur qui a son prix.
Il ne reste plus qu’à se mettre d’accord.

