Pour sa première sur le banc marseillais, Habib Beye n’a pas réussi à enrayer la spirale négative. Battu par Brest (2-0), l’OM a affiché ses fragilités, mais son nouvel entraîneur refuse la résignation. Le stage prévu à Marbella doit servir de point de départ pour une reconstruction mentale et physique.
L’ère Habib Beye à Marseille a débuté dans la douleur. En ouverture de la 23e journée de Ligue 1, les Olympiens ont plié face à des Brestois plus engagés, plus justes et plus solidaires. Un doublé de Ludovic Ajorque a suffi pour faire chavirer un OM encore en quête de repères, dominé dans les duels et incapable de répondre à l’intensité adverse. Le scénario, déjà entrevu ces dernières semaines, s’est répété : bloc passif, transitions brouillonnes, et un manque criant de tranchant dans les trente derniers mètres.
Sous ses airs calmes, Habib Beye n’a pas cherché à masquer l’évidence. « Il y a une perte de confiance », a-t-il admis, lucide, en salle de presse. Pour le technicien, le mal est moins tactique que psychologique. « Les joueurs sont touchés, la spirale négative pèse sur eux. » Sans pointer directement sa défense, il a reconnu les défaillances dans l’engagement : « On a manqué d’agressivité dans notre surface. Ce genre de manques se paie cash à ce niveau. »
Un défi collectif avant Lyon
L’ancien capitaine de l’OM refuse pourtant de céder à la fatalité. Son discours, empreint de franchise et d’exigence, veut être celui d’un bâtisseur. « Ce groupe doit se remettre en mouvement, retrouver la fierté collective », a-t-il insisté. Pour cela, il entend utiliser le stage prévu à Marbella comme un laboratoire d’intensité et d’unité. « Il faut travailler, hausser le niveau athlétique et mental, retrouver une densité que nous avons perdue. »
Derrière les mots, une idée claire : reconstruire par le travail et la cohésion. À trois jours d’un déplacement à Lyon qui s’annonce brûlant, Beye sait que le temps manque, mais il parie sur la force du collectif. « Ce match contre l’OL doit être une source de motivation, un moment de vérité. Nous devons tous prendre conscience de ce que vit le club », a-t-il martelé, en appelant à une réaction d’orgueil.
S’il n’a pas voulu accabler ses troupes, Habib Beye a tracé la direction à suivre : celle d’un groupe réuni autour d’un même engagement, prêt à disputer chaque duel comme une bataille. Son arrivée n’a pas encore produit d’électrochoc, mais son discours marque une rupture. À l’OM désormais de répondre sur le terrain.

