Dans la lutte acharnée pour le podium, Habib Beye installe un vent de méritocratie à l’Olympique de Marseille. L’entraîneur sénégalais veut transformer chaque match en opportunité, chaque joueur en moteur de la dynamique collective. Son message est clair : personne n’a de passe-droit, et l’exemple vient de Benjamin Pavard.
Depuis son arrivée sur le banc de l’Olympique de Marseille, Habib Beye imprime sa marque avec énergie et exigence. Deux victoires consécutives face à Lyon (3-2) et Toulouse (1-0) ont replacé les Phocéens sur la troisième marche du podium, synonyme de qualification directe en Ligue des Champions. Pour conserver cet avantage dans le sprint final de Ligue 1, le technicien veut surtout entretenir une concurrence saine dans le vestiaire. À ses yeux, c’est la clé d’un groupe performant sur la durée.
Beye redéfinit les règles du jeu
Interrogé ce jeudi en conférence de presse sur le cas de CJ Egan-Riley — encore en manque de temps de jeu — Beye n’a pas seulement évoqué une situation individuelle. Il en a profité pour dresser les fondations de son management. “Tout le monde repart de zéro. C’est sur le terrain d’entraînement que se gagne une place dans le onze”, a prévenu le coach marseillais, déterminé à écarter toute idée de hiérarchie établie. “La méritocratie doit primer, il n’y a aucun statut ici.”
Un discours qui tranche avec certaines habitudes d’un vestiaire souvent traversé par les statuts et les réputations. Pour Beye, seul le présent compte : “Je juge sur ce que je vois. L’investissement à l’entraînement et la régularité dans la performance sont les seuls critères.” En clair, le message est adressé à l’ensemble de l’effectif : à Marseille, le nom sur le maillot ne pèse plus autant que le travail de la semaine.
L’exemple le plus parlant reste celui de Benjamin Pavard. Longtemps en difficulté depuis son retour de blessure, le défenseur a signé à Toulouse l’une de ses prestations les plus solides de la saison. Et Beye s’en est servi pour incarner sa philosophie.
Pavard, symbole d’un OM en éveil
“Je lui ai dit que s’il a réalisé ce qu’il a accompli dans sa carrière, c’est parce qu’il est un grand joueur”, a confié l’entraîneur, soucieux de redonner confiance à son vice-capitaine. Surtout, Beye a salué la justesse de son match : rigoureux dans les duels, lucide dans ses lectures de jeu, efficace dans la relance. Autant de qualités qui ont contribué à la solidité retrouvée de l’OM.
Avec la blessure de Nayef Aguerd, Pavard devrait d’ailleurs avoir l’occasion d’enchaîner dans les prochaines semaines. Une continuité bienvenue pour un joueur en quête de constance, mais aussi un test grandeur nature pour la politique de rotation instaurée par Beye.
Le message est désormais imprimé : à l’OM version 2026, personne n’est assuré d’une place. Dans un contexte où la moindre erreur peut coûter l’Europe, Beye a choisi de miser sur la faim et la compétitivité. Une méthode exigeante, mais qui pourrait bien maintenir Marseille dans la course au sommet jusqu’au bout.
