Depuis son arrivée à la tête de l’Olympique de Marseille, Habib Beye s’attelle à un travail de fond.
Successeur de Roberto De Zerbi, le technicien franco-sénégalais n’a pas révolutionné le jeu, mais il a décidé de redonner à l’équipe solidité et confiance. En trois matches de Ligue 1, l’OM reste invaincu et a retrouvé une assise défensive rassurante, à deux jours d’un choc important face à Lille au Vélodrome.
Priorité à la rigueur et à la confiance collective
« On prenait trop de buts, il fallait qu’on soit plus solide, moins spectaculaire », a reconnu Beye en conférence de presse. Fidèle à sa philosophie, l’ancien capitaine marseillais a d’abord cherché à réparer ce qui ne fonctionnait plus : une défense fébrile, un collectif sans repères et un jeu parfois trop stérile. Résultat, en privilégiant la stabilité et un onze plus cohérent, le coach a permis à ses joueurs de retrouver des automatismes et une identité claire sur le terrain.
Sous De Zerbi, Marseille misait sur la possession et la créativité, mais peinait à convertir ses actions en résultats concrets. Beye, lui, mise sur l’efficacité et la verticalité. « Il fallait un accès plus direct vers le but adverse », a-t-il expliqué, assumant une approche plus pragmatique. Les supporters l’ont vite compris : moins de fioritures, plus d’impact.
Le discours du nouvel entraîneur séduit par sa lucidité. En recentrant les priorités sur la base — bien défendre avant de bien jouer —, il a permis à ses cadres de se libérer. Les prestations plus solides de Gigot, Mbemba ou Rongier illustrent ce retour à une forme de simplicité collective. L’OM avance à pas mesurés, mais dans la bonne direction.
Et si le naufrage en Coupe de France a servi d’électrochoc, les trois victoires de rang en championnat redonnent espoir à un club à la recherche de constance. Beye insiste d’ailleurs sur une notion essentielle : la confiance. Elle passe par des repères clairs et une hiérarchie assumée, quelles que soient les individualités. « Donner un onze type, même si tout est ouvert, c’est essentiel pour créer une dynamique », ajoute-t-il.
À la veille d’affronter le LOSC, concurrent direct pour l’Europe, Marseille se présente transformé : plus compact, plus sûr de lui et prêt à user de son énergie pour faire plier l’adversaire. Une chose est certaine : en quelques semaines seulement, Habib Beye a redessiné les contours d’un OM plus stable, plus collectif et sans complexe.
Si la “patte Beye” n’est pas encore un style figé, elle repose déjà sur une idée simple : retrouver les fondamentaux avant de rêver plus grand.


