OM : Habib Beye face à son premier test d’autorité, le brassard en question

Nommé dans l’urgence pour redresser l’Olympique de Marseille, Habib Beye vit à Brest son véritable baptême du feu. Avant même de toucher au jeu, le nouvel entraîneur doit trancher une question éminemment symbolique : à qui confier le brassard de capitaine, alors que Leonardo Balerdi est suspendu ?

À peine débarqué, Habib Beye est déjà confronté à une décision lourde de signification. En quarante-huit heures, impossible de bouleverser le fond de jeu hérité de Roberto De Zerbi. Mais il faut bien commencer quelque part — et à Marseille, tout passe par le vestiaire. Le choix du capitaine, en l’absence de Leonardo Balerdi, suspendu à Brest, devient l’occasion d’un premier geste d’autorité.

Sous De Zerbi, la question du brassard était devenue un sujet sensible. Le défenseur argentin, pourtant irréprochable dans l’engagement, peinait à incarner le leadership collectif attendu d’un capitaine marseillais. Sur le terrain, ses coups de sang alternaient avec des silences pesants. Dans un groupe aussi disparate, le symbole du capitaine a fini par se vider de sa substance. C’est sur ce terrain-là, plus que sur celui des schémas tactiques, que Beye est attendu.

Une décision à forte portée symbolique

En 48 heures de travail, Beye a observé, écouté, sondé les tempéraments. Il sait que dans un vestiaire où cohabitent de forts caractères — de Geoffroy Kondogbia à Pierre-Emile Höjbjerg, en passant par Nayef Aguerd ou Pierre-Emerick Aubameyang — le choix du capitaine est un message. Qui incarne le mieux l’union qu’il veut recréer ?

Chacun de ces hommes a déjà porté le brassard cette saison. Kondogbia, pour son expérience et sa voix respectée. Aguerd, modèle de professionnalisme. Höjbjerg, fraîchement arrivé mais immédiatement intégré. Quant à Aubameyang, il reste le leader offensif naturel, charismatique mais parfois clivant. Beye doit choisir entre continuité, rupture ou compromis.

Et si cette décision semble purement symbolique, elle pourrait pourtant marquer le ton de son mandat. Opter pour un taulier comme Kondogbia, c’est miser sur la stabilité ; donner sa chance à Höjbjerg, c’est saluer l’exemplarité au quotidien ; maintenir la hiérarchie avec Aguerd, c’est parier sur la cohérence. Un détail en apparence, mais qui dira tout du regard que le nouvel entraîneur porte sur son groupe.

Dans un club en quête d’équilibre, où la moindre hésitation devient affaire publique, le brassard de capitaine dépasse le simple geste technique. Il est le miroir de l’équipe — de sa cohésion, de ses blessures, de ses ambitions retrouvées. Ce vendredi soir à Brest, Habib Beye ne dirigera sans doute pas encore “son” OM. Mais à travers son premier capitaine, il dessinera déjà les contours de sa méthode : responsabilité, hiérarchie assumée, et confiance donnée à ceux qui acceptent de la porter.