Avec son but décisif face à Toulouse, Mason Greenwood a fait bien plus qu’offrir trois points à l’Olympique de Marseille : il a égalé un record qui tenait depuis l’après-guerre. Une prouesse que le Vélodrome n’avait plus connue depuis René Bihel, l’un des grands oubliés de l’histoire phocéenne.
Il divise autant qu’il fascine. Mason Greenwood n’est pas de ceux qu’on ignore. Tantôt critiqué pour son attitude, tantôt encensé pour son talent, l’Anglais vit à Marseille un chapitre aussi intense que contrasté. Dimanche, face à Toulouse, il a une nouvelle fois choisi la lumière : un but plein de sang-froid, un succès précieux, et un symbole fort pour tout un club encore marqué par son élimination en Coupe de France, quatre jours plus tôt, face à ce même TFC. Grâce à cette victoire, l’OM repasse devant Lyon et relance la course à l’Europe. Greenwood, lui, entre dans une autre dimension.
Un héritage inattendu : celui de René Bihel
Son but à Toulouse n’était pas seulement celui d’un joueur en confiance, mais d’un homme qui rejoint un pan oublié de l’histoire marseillaise. Avec 15 buts inscrits cette saison en Ligue 1 – après les 21 de l’an dernier – Greenwood devient en effet le premier joueur à dépasser cette barre symbolique lors de ses deux premiers exercices sous le maillot olympien depuis… 1949. À l’époque, René Bihel, attaquant aussi efficace que discret, signait pareille performance sur deux saisons consécutives (1947-1948 et 1948-1949). Depuis, personne n’avait réussi à faire aussi bien.
Ce record, ressuscité par les statistiques, illustre à quel point Greenwood s’inscrit dans la lignée des grands buteurs du club. Peu d’étrangers ont su à ce point s’adapter à la ferveur et aux exigences du Vélodrome, et encore moins dans un contexte aussi instable. Malgré quelques polémiques, son influence reste indéniable : sans lui, l’attaque marseillaise peine souvent à trouver la faille.
Derrière cette réussite chiffrée, une question s’impose : que restera-t-il de Greenwood à Marseille, et pour combien de temps ? Son rendement et sa jeunesse aiguisent les appétits de clubs mieux armés financièrement. Si le podium – synonyme de Ligue des champions directe – reste une priorité pour les dirigeants, l’avenir du joueur pourrait dépendre du classement final. Car plus il marque, plus sa cote grimpe, et plus le scénario d’un départ l’été prochain se dessine.
En attendant, Greenwood continue de marquer de son empreinte un OM en quête de repères. Entre promesse et pragmatisme, l’attaquant anglais rappelle que, parfois, l’histoire repasse par les mêmes chemins — même 77 ans plus tard.

