OM : Ethan Nwaneri, le prodige d’Arsenal devenu l’ombre de lui-même

Il devait être l’une des révélations de la seconde partie de saison marseillaise. Quatre mois après son arrivée, Ethan Nwaneri ressemble davantage à un fantôme qu’à un talent en train d’éclore.

À 19 ans, le milieu offensif prêté par Arsenal traverse une fin de prêt calamiteuse, et son avenir sous le maillot olympien se compte désormais en heures plutôt qu’en matchs.

Un début prometteur vite rattrapé par la réalité

Lorsque l’Olympique de Marseille officialise sa venue en janvier, l’excitation est palpable. Nwaneri débarque avec un CV éloquent : prodige des Gunners, international espoir anglais, et surtout cette réputation d’électron libre capable de débloquer n’importe quelle défense. Son premier match sous la tunique phocéenne donne raison aux optimistes : il inscrit un but et semble prêt à s’imposer comme une arme offensive de premier plan dans le système de Roberto De Zerbi.

Puis tout s’effondre.

Le départ précipité de l’entraîneur italien en février constitue le véritable tournant de son aventure provençale. Nwaneri avait spécifiquement choisi Marseille pour travailler sous la direction de De Zerbi, réputé pour développer les profils techniques offensifs. Privé de ce mentor, le Londonien se retrouve orphelin d’un projet sportif qui le concernait directement.

Habib Beye perd patience

Depuis l’arrivée d’Habib Beye sur le banc olympien, les chiffres racontent une histoire sans ambiguïté : 197 minutes disputées, zéro titularisation. Le technicien sénégalais ne cache plus son agacement. Lors du match nul concédé face à Nice (1-1) dimanche dernier, il a préféré aligner d’autres solutions malgré un effectif sévèrement amputé — Gouiri et Paixao absents, Greenwood diminué. Un signal fort.

Sa justification est tranchante : « C’est un joueur de qualité, mais il doit nous en donner beaucoup plus dans son engagement au quotidien. D’autres joueurs en ont donné bien plus. » En clair, le problème n’est pas technique. C’est une question d’investissement, d’état d’esprit, d’envie.

Le spleen d’un joueur qui a déjà tourné la page

Ce qui inquiète réellement le staff marseillais, c’est moins la performance que l’attitude. Selon les informations de L’Équipe, Nwaneri ne dissimule pas son désarroi dans le quotidien du centre d’entraînement. Son entrée en jeu à Lorient le 18 avril, lors d’une victoire probante (0-2), n’a rien changé à la perception générale : le joueur subit sa situation sans chercher à la renverser.

Avec seulement neuf apparitions au compteur et deux buts inscrits, le bilan est maigre. Mais à Marseille, ville où l’exigence sportive est une religion, c’est l’impression donnée qui condamne définitivement un joueur dans l’esprit du public et des décideurs.

Un retour à Arsenal sous de mauvais auspices

Il reste trois matchs à l’OM pour terminer la saison. Nwaneri en jouera-t-il ne serait-ce qu’un ? Rien n’est moins sûr. L’ailier semble avoir mentalement bouclé ses valises bien avant l’heure du départ, les yeux déjà rivés sur son retour à Londres et sur une nouvelle page à écrire sous les couleurs d’Arsenal.

Le problème, c’est que cette page marseillaise restera vierge de tout exploit mémorable. Et à 19 ans, gâcher une telle opportunité pourrait laisser des traces bien au-delà de la Canebière.