OM : Beye soigne Greenwood pour mieux le libérer

Avant le choc décisif contre Lyon, Habib Beye mise sur une approche tout en bienveillance pour tirer le meilleur de Mason Greenwood. Le nouvel entraîneur marseillais veut faire de son attaquant anglais une arme de confiance, plutôt qu’un joueur freiné par la critique.

L’Olympique de Marseille n’a plus vraiment le droit à l’erreur. Quatrième de Ligue 1 avant d’accueillir l’OL ce dimanche soir (20h45), le club phocéen doit relancer sa course à l’Europe. Habib Beye, tout juste installé sur le banc, en est pleinement conscient. Mais pour relever le défi, il a choisi une méthode différente : insuffler de la confiance et de la liberté à son joyau offensif, Mason Greenwood. L’Anglais, auteur de 14 buts en 22 apparitions de Ligue 1, incarne le visage offensif d’un OM qui cherche encore son équilibre.

Une philosophie du positif

Beye ne veut pas reproduire les erreurs du passé. Là où Roberto De Zerbi, son prédécesseur, insistait sur les exigences tactiques et la rigueur défensive, le nouvel homme fort du Vélodrome préfère s’attarder sur la lumière plutôt que sur l’ombre. « Il faut valoriser les immenses qualités qu’a Mason », a expliqué l’ancien coach du Red Star en conférence de presse. « Je veux le développer par ses forces, pas par ses défauts. »

Derrière cette approche, une philosophie claire : libérer le joueur de la peur de mal faire. Greenwood, souvent jugé sur son repli défensif ou ses phases sans ballon, retrouve ainsi un environnement où son instinct créatif prime. Et les premiers signes sont encourageants : plus de justesse dans ses appels, un impact collectif en hausse, et surtout un sourire retrouvé à l’entraînement.

Confiance et réciprocité

En plaçant Greenwood au centre de son projet, Beye joue aussi une carte psychologique essentielle. L’ancien défenseur connaît la pression qui pèse sur les épaules d’un joueur exposé, tant pour son talent que pour son passé. Sa méthode repose sur la réciprocité : donner de la considération pour obtenir de la discipline. Un pari audacieux, mais potentiellement payant dans un vestiaire souvent en quête de repères émotionnels.

Ce climat de confiance pourrait bien faire la différence dans le sprint final. Car un Greenwood épanoui peut transformer un match à lui seul. L’OM, trop souvent dépendant de ses poussées d’orgueil, a besoin d’un leader technique capable de faire basculer une rencontre sur un geste ou un éclair. Et Beye, fidèle à son tempérament réfléchi, semble avoir compris qu’on ne guide pas un tel joueur à la baguette, mais à la main.

À l’heure de recevoir Lyon, l’équation est simple : libérer Greenwood pour libérer l’OM. Si la connexion fonctionne, Marseille pourrait vite retrouver sa dynamique européenne. Si non, le club phocéen risque de sentir passer le poids de ses ambitions. Une certitude : sous Beye, Greenwood ne sera plus jamais bridé par la peur, mais porté par la confiance.