Robert Pirès croit dur comme fer au potentiel de son ami Habib Beye, nouvel entraîneur de l’OM. Pour le champion du monde 1998, le Franco-Sénégalais a tout pour imposer sa patte et redonner de la cohérence à une équipe en quête d’identité.
Robert Pirès n’a pas pour habitude de distribuer les bons points à la légère. Mais lorsqu’il s’agit d’Habib Beye, son ancien coéquipier à Aston Villa, le champion du monde 1998 ne cache ni son estime ni sa confiance. Interrogé par La Provence, l’ex-international a salué le choix de l’Olympique de Marseille, convaincu que son camarade possède “les épaules et la lucidité” pour s’asseoir sur l’un des bancs les plus exposés de France.
« Habib sait où il met les pieds, il connaît cette maison mieux que quiconque », résume Pirès, avant de brosser le portrait d’un technicien exigeant et réfléchi, capable de fédérer autour de lui.
Une méthode et une vision
Car Beye, nommé à la tête de l’équipe première après des années d’apprentissage sérieuses au Red Star, arrive avec une philosophie claire. Travail, discipline et communication sont ses maîtres mots. Trois ingrédients que Pirès place au sommet des priorités olympiennes : « Il doit parler aux joueurs, individualiser les discours. Dans un groupe comme celui de l’OM, où la pression est permanente, il faut une ossature stable et des repères solides. Ceux qui ne joueront pas seront les plus difficiles à gérer. C’est là que se fera la différence. »
Cette lecture, à la fois bienveillante et avertie, illustre à quel point l’ancien Gunner connaît les réalités du Vélodrome. Car le contexte actuel n’est pas tendre avec les entraîneurs : pour une institution à la recherche de constance et de résultats, chaque faux pas pèse double.
Le revers inaugural à Brest (2-0) a d’ailleurs rappelé que la route serait longue. Mais pour Pirès, rien d’alarmant : « Une équipe se construit dans la durée. Habib a toujours prôné la patience et la cohérence. Il saura ajuster son plan sans se dévier du cap. »
Retrouver une identité marseillaise
L’espoir, à Marseille, c’est justement de retrouver une âme et une direction. Depuis plusieurs saisons, le club navigue entre changements d’entraîneurs, crises de vestiaire et attentes démesurées. La nomination de Beye, figure respectée et formée au club, résonne comme un rappel aux valeurs fondatrices de l’OM : la combattivité, la loyauté, le jeu vers l’avant.
Pirès le pressent : si la greffe prend, le public suivra. « Les supporters marseillais pardonnent tout, sauf le manque d’engagement et d’idées. Et Habib, de l’engagement, il en a à revendre », insiste-t-il.
Dimanche face à Lyon, les premiers ajustements du nouveau coach seront scrutés à la loupe. Entre la passion des tribunes et le défi tactique, Beye n’aura pas le droit au répit. Mais il a déjà un soutien de poids : celui d’un certain Robert Pirès, convaincu que l’OM a, cette fois, recruté un entraîneur à son image — sincère, fidèle et habité par le jeu.

