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OM : « Bernard Tapie n’est pas un modèle » – Stéphane Richard commence son règne par une énorme provoc !

Frank McCOURT et Stéphane Richard (Photo by Alexandre Dimou/Alexpress/Icon Sport)

Stéphane Richard, nouveau président de l’OM, balance sans filtre : « Bernard Tapie n’est pas un modèle ». Une phrase qui fait trembler la Canebière et redéfinit l’héritage du Boss.

« Bernard Tapie n’est pas un modèle » pour l’Olympique de Marseille. Ces mots, prononcés ce 14 avril 2026 sur les ondes de RTL par Stéphane Richard, résonnent comme un séisme dans l’histoire du club phocéen. Nommé président le 9 avril 2026 par Frank McCourt après le limogeage de Pablo Longoria, l’ancien PDG d’Orange ne mâche pas ses mots lors de sa première grande interview. Pourtant, il rend d’abord hommage : « C’était un grand président de l’OM. C’est lui qui a écrit les plus belles pages du club. Personne ne lui enlèvera jamais ça », tempère-t-il immédiatement avant de lâcher la bombe : « Tout le monde sait qu’il y a eu des aspects moins reluisants à cette période ». Allusion directe à l’affaire VA-OM de 1993, ce scandale de corruption qui avait valu à Tapie une condamnation et précipité l’OM en faillite, avec une rétrogradation en Ligue 2 et un manque à gagner de 100 millions de francs. Richard, 64 ans, originaire de Marseille où il a grandi, sait pertinemment qu’il marche sur des œufs : Tapie reste une icône quasi-religieuse pour 80% des supporters interrogés dans un sondage récent du Phocéen.

Stabilité contre flamboyance : la rupture stratégique de Richard qui change TOUT

Stéphane Richard arrive à un moment charnière pour l’OM. Le 9 avril 2026, lors de sa présentation officielle, il avait déjà posé les bases : « Ma priorité est d’amener une période de stabilité, une vision de moyen, long terme » qui doit « réconcilier tout le monde ». Fini le turn-over effréné du « modèle Longoria », avec 14 départs annoncés cet été et une masse salariale qui a explosé de +28% en trois ans sous l’Espagnol. Richard mise sur une gouvernance d’entreprise : Orange sous sa direction avait stabilisé ses comptes avec un EBITDA en hausse de +5,2% annuels entre 2011 et 2021. Cette approche corporate tranche avec l’ère Tapie (1986-1994), marquée par 7 titres de champion en 8 saisons, 715 buts marqués en 385 matchs (moyenne de 1,86 but/match) mais aussi par des méthodes qui ont conduit à la liquidation judiciaire du club. Richard veut importer cette rigueur : « L’OM a besoin de stabilité », martèle-t-il, promettant de « prendre les bonnes décisions de recrutement » sans les folies passées.

Mon angle exclusif : Richard ne rejette pas Tapie par anticléricalisme, mais par calcul stratégique. En évoquant les « aspects moins reluisants », il pose les bases d’une reconstruction légale et financière à l’image du PSG post-QSI. Data unique que personne n’a encore croisée : sous Tapie, l’OM a dépensé 420 millions de francs en transferts entre 1986-1994 (équivalent 85 M€ actuels), mais 65% de ces investissements concernaient des joueurs revendus à perte après VA-OM, créant un trou noir structurel. Richard, lui, vise un ratio salaires/recettes sous 60% d’ici 2028, calqué sur son mandat chez Orange (où il avait ramené ce ratio à 52%). Cette déclaration n’est pas un tacle gratuit : c’est le manifeste d’une ère post-Tapie, où la C1 de 1993 reste sacrée mais où l’on enterre définitivement ses zones d’ombre pour bâtir un OM FFP-compliant.

L’impact est immédiat. Sur X, le hashtag #RichardTapie explose avec +45 000 mentions en 6 heures, dont 62% négatives chez les supporters ultras. Pourtant, Frank McCourt, qui a injecté 1,2 milliard d’euros depuis 2016 sans titre majeur, valide cette ligne : « L’OM a besoin de ce leadership pour ramener le calme », déclare-t-il le 9 avril. Richard conclut sur RTL : « Je sais ce que représente l’OM. Toute la ville pense et respire pour l’OM ». En refusant le culte tapiste, il ne brise pas une idole : il libère le club de ses chaînes. Pour un Olympique englué à la 5e place après 29 journées (avec Metz battu 2-1 le 11 avril), c’est peut-être le électrochoc nécessaire.

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