Après avoir annoncé sa démission mi-février avant de finalement revenir deux jours plus tard, Mehdi Benatia s’exprime sur ce surprenant revirement. Entre attachement au club et responsabilité professionnelle, le directeur du football de l’Olympique de Marseille éclaire les raisons de sa décision.
L’histoire aurait pu s’arrêter là, brutalement, comme tant d’autres à Marseille. Le 15 février, Mehdi Benatia annonce son départ avec fracas, lassé par les tensions internes et les turbulences d’un club toujours sous pression. Mais quarante-huit heures plus tard, coup de théâtre : l’ancien capitaine des Lions de l’Atlas fait marche arrière. Le 17 février, il retrouve son bureau à la Commanderie, investi cette fois de pouvoirs élargis par la direction. Une volte-face qui a surpris jusque dans les couloirs du centre d’entraînement.
« Je ne pouvais pas tourner le dos à l’OM »
Dans les colonnes du Journal du Dimanche, Benatia a tenu à mettre les choses au clair. Pas de manœuvre, pas de calcul, affirme-t-il. « Pour de nombreuses raisons, je ne pouvais pas abandonner le club dans ces conditions. C’est un club qui m’est cher, où j’ai été formé », confie le dirigeant, qui voit dans sa décision une question de loyauté plus que d’opportunisme.
Selon ses mots, l’idée de partir n’est pas née sur un coup de tête, mais d’une réflexion mûrie depuis plusieurs semaines. « J’ai accepté la demande du propriétaire, Frank McCourt, de rester jusqu’au terme de la saison, par sens des responsabilités », ajoute-t-il, balayant toute idée d’intrigue ou de prise de pouvoir interne.
Son retour n’a pourtant pas apaisé toutes les interrogations. À Marseille, les ambitions, comme les tensions, ne se dissipent jamais vraiment. Si cette prolongation surprise a permis de stabiliser temporairement un organigramme chahuté, elle ne semble pas sceller un engagement de long terme.
D’après les informations du JDD, Benatia ne devrait pas poursuivre son aventure au-delà de la saison. Une issue attendue, presque inscrite dans sa trajectoire, tant l’ancien défenseur central a conscience du défi qu’implique ce poste à haute tension. Pour l’heure, il se concentre sur la mission du présent : ramener de la sérénité à un OM toujours à la recherche d’un équilibre entre ambition sportive et gouvernance stable.
Reste que son influence au sein du club a été renforcée. Frank McCourt, fragilisé par les critiques et les incertitudes autour de la direction, compte sur Benatia pour boucler la saison sans nouveau séisme. « Pouvoir élargi » ou pas, c’est surtout un climat d’urgence que l’ancien joueur de la Juventus s’efforce de maîtriser.
À Marseille, chaque décision prend des allures de symbole. Le retour de Benatia ne fait pas exception. Entre reconnaissance du passé, devoir de présence et responsabilité temporaire, le Franco-Marocain incarne cette fidélité complexe à un club qui ne laisse jamais indifférent — ni ceux qui l’aiment, ni ceux qui y travaillent.

