Une blague d’extincteur, une chambre retournée, et une mise à l’écart qui fait déjà polémique. L’Olympique de Marseille n’en finit plus de s’agiter en dehors des terrains. Dernier épisode en date : Pierre-Emerick Aubameyang, écarté du groupe pour le déplacement au Havre ce dimanche en Ligue 1, après un incident survenu jeudi lors de la mise au vert à la Commanderie.
Les faits, tels que rapportés, ont de quoi surprendre. L’attaquant gabonais aurait retourné plusieurs chambres du centre d’entraînement marseillais avant d’asperger le dirigeant Bob Tahri avec un extincteur. Suffisant pour que la direction olympienne décide de se séparer de lui pour cette rencontre. Une décision rapide, tranchante — et immédiatement contestée.
Un clan qui contre-attaque
Du côté de l’entourage d’Aubameyang, la version est radicalement différente. Pas d’agression, pas de geste malveillant : juste une plaisanterie qui a dérapé. « Ce n’est pas autre chose qu’une blague qui a mal tourné », a confié un proche du joueur au quotidien L’Équipe, avant d’ajouter une pique à peine voilée à la direction : « Il est un peu le bouc émissaire de la situation. »
Le sous-entendu est clair. Depuis le début de la saison, l’OM a enchaîné les turbulences internes — Rabiot, Rowe, Abdelli figurent parmi les noms cités dans cette litanie de tensions. Aubameyang serait simplement le dernier d’une longue série, désigné coupable d’une atmosphère collective dégradée dont il n’est pas l’unique responsable. Selon ses proches, il n’était d’ailleurs pas le seul cadre impliqué dans l’incident.
Di Meco, voix discordante
L’incompréhension dépasse le simple clan du joueur. Éric Di Meco, ancien défenseur de l’OM et consultant RMC, n’a pas mâché ses mots pour critiquer la gestion de l’affaire. Pour lui, la direction aurait pu transformer cet épisode en signal positif plutôt qu’en sanction : preuve que le groupe avait encore du caractère, de l’énergie, de la vie — autant d’ingrédients qui manquent cruellement à une équipe engloutie dans une spirale décourageante.
« Pourquoi punir un mec qui ne va plus être là l’année prochaine ? Il lui reste deux matchs à faire », a-t-il lancé, soulignant l’absurdité apparente d’une décision aussi sévère à quelques semaines du terme d’un contrat qui ne sera visiblement pas renouvelé. Pour Di Meco, tout le monde perd dans cette histoire — le joueur, le club, et l’image d’un vestiaire qui se consume de l’intérieur.
Un club à la dérive
Car derrière l’anecdote se dessine une réalité bien plus préoccupante. L’OM pointe à une décevante septième place au classement, avec un bilan catastrophique sur les six dernières journées : quatre défaites, un match nul, une seule victoire. Dans ce contexte de crise profonde, la cacophonie autour d’Aubameyang tombe au pire moment.
Écarter un attaquant expérimenté, fût-ce pour l’exemple, interroge sur les priorités d’un club qui semble avoir perdu le fil de sa saison bien avant cet épisode d’extincteur. À Marseille, le feu couve depuis longtemps. Ce dimanche au Havre, il faudra jouer sans l’un de ceux qui auraient pu l’éteindre.

