Le départ officiel de Pablo Longoria marque la fin d’une ère tumultueuse à l’Olympique de Marseille. Six ans après son arrivée, l’Espagnol laisse un bilan contrasté : trois podiums en Ligue 1 mais aucun trophée majeur. La quête d’un successeur s’intensifie, avec plusieurs noms en lice pour stabiliser un club en pleine tempête.
Pablo Longoria est arrivé à l’OM en 2020 comme directeur du football, avec l’ambition de moderniser un club en crise. Nommé président en février 2021 après le limogeage de Jacques-Henri Eyraud, il a rapidement imposé sa patte. Son mandat, qui s’achève ce lundi par un accord amiable avec Frank McCourt, aura été marqué par une rotation effrénée des entraîneurs et des joueurs. De Jorge Sampaoli à Roberto De Zerbi en passant par Igor Tudor et Marcelino, aucun n’a su transformer les investissements massifs en titres.
Sur le plan financier, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Longoria a orchestré 172 mouvements de joueurs en cinq ans, avec un investissement total de 542 millions d’euros en transferts, primes et obligations d’achat. Des coups comme Pierre-Emerick Aubameyang ou Cengiz Ünder ont brillé un temps, mais les échecs se sont accumulés : des recrues comme Illia Zabarnyi ou Pape Gueye n’ont pas tenu les promesses. En Ligue 1, l’OM a enchaîné trois podiums (deuxièmes en 2022 et 2024, troisièmes en 2025), un exploit rare ces dernières années. Pourtant, les déceptions en Ligue des Champions – éliminations précoces malgré des qualifications – et l’absence de trophée pèsent lourd.
Critiqué pour sa gestion des supporters et ses choix tactiques, Longoria avait perdu de son influence dès février. Le 17 février, Medhi Benatia a été confirmé directeur du football avec des pouvoirs élargis, reléguant l’Espagnol à un rôle institutionnel. Remplacé le 28 février par Alban Juster en intérim, il a négocié sa sortie dans un climat tendu, choqué par la brutalité du processus selon ses proches. Malgré tout, le communiqué officiel salue “sa passion et son engagement”, tandis que Longoria remercie “joueurs, staff et supporters”.
Que réserve l’avenir à cet homme de 40 ans ? Spécialiste du scouting passé par le Sporting Gijón et Valence, Longoria pourrait rebondir en Serie A ou en Liga, où son profil de bâtisseur séduit. Des rumeurs l’annoncent déjà en discussion avec des clubs italiens ou espagnols, attirés par son œil pour les talents sud-américains. Une pause pour recharger les batteries n’est pas exclue, mais son réseau et sa réputation le prédestinent à un retour rapide au premier plan.
À Marseille, la succession fait les gros titres. Alban Juster, 36 ans et directeur financier depuis huit ans, assure l’intérim et pourrait prolonger. Son profil administratif plaît à McCourt pour stabiliser les comptes. Mais Frank McCourt cherche un leader fort. Pauline Gamerre, 42 ans, directrice générale du Red Star et Marseillaise de naissance, tient la corde. Ancienne du comité exécutif de la FFF, supportrice de l’OM, elle a déjà été proche du club en 2021. McCourt apprécie son expérience institutionnelle et son ambition ; une entrevue est prévue prochainement.
Le « tueur » Stéphane Tessier pour lui succéder ?
Stéphane Tessier, ancien DG de l’AS Saint-Étienne et actuel homme fort en interne à l’OM, est un autre sérieux prétendant. Réputé “tueur” et compétent en finances, il incarne la continuité. Des sources internes le voient comme le remplaçant naturel en cas de départ définitif de Longoria. Federico Balzaretti, adjoint de Benatia depuis novembre 2025 et ex-dirigeant de la Roma, émerge aussi pour un rôle élargi au sportif. Son profil italien colle à la stratégie récente.
Michel Platini, légende marseillaise résidant à Cassis, refait surface dans les rumeurs. Libre depuis 2015, l’ancien patron de l’UEFA apporte prestige et légitimité locale, même si son passé controversé freine. D’autres pistes comme Javier Ribalta (ex-Genk) ou des profils hybrides circulent, mais rien n’est acté. McCourt privilégie la stabilité après les secousses : départ de De Zerbi, Benatia renforcé, Beye sur le banc.
Le bilan de Longoria reste ambivalent. Succès sportifs en Ligue 1, modernisation du recrutement, mais instabilité chronique et zéro trophée. L’OM, actuellement 3e, rêve d’un nouveau souffle. Le successeur devra apaiser les supporters, gérer un budget serré et viser l’Europe. Avec McCourt aux commandes, la transition s’annonce décisive pour l’avenir phocéen. Marseille attend son sauveur.
