OM : adieu Longoria, McCourt et Benatia recrutent Beye sans son accord et lui cherchent un successeur !

En l’espace d’une semaine, l’Olympique de Marseille a perdu son entraîneur, frôlé la démission de son directeur sportif et relégué son président au rang de figurant. Frank McCourt, débarqué en urgence à Marseille, tente de colmater les brèches d’un navire qui prend l’eau de toutes parts.

Tout s’est enchaîné à une vitesse folle. Le 5-0 encaissé au Parc des Princes, quelques semaines après l’élimination humiliante contre Bruges en Ligue des champions (3-0), a provoqué le départ de Roberto De Zerbi dans la nuit du 10 au 11 février. Et comme une crise ne suffit jamais à l’OM, Medhi Benatia a annoncé sa démission sur les réseaux sociaux dans la foulée, un geste aussi spectaculaire qu’inattendu pour celui qui était devenu le véritable homme fort du sportif. Sauf que McCourt n’a pas lâché l’affaire. Le propriétaire américain a débarqué mardi à la Commanderie, s’est planté devant les joueurs pour « remobiliser les troupes », puis a rencontré les leaders de groupes de supporters — un rituel qu’il maîtrise désormais, lui qui avait fait exactement la même chose lors de l’éviction de Jacques-Henri Eyraud en 2021. Résultat : Benatia reste, avec les pleins pouvoirs sportifs, et Pablo Longoria se retrouve cantonné à un rôle « institutionnel », euphémisme à peine voilé pour dire qu’on lui retire les clés du camion. Dans l’entourage de l’Espagnol, on jure qu’il n’a même pas été consulté sur ce communiqué. Ambiance.

Et pourtant, le dossier le plus brûlant n’est pas celui de la gouvernance. C’est le banc de touche. Habib Beye, dont le nom circule depuis le départ de De Zerbi, est annoncé comme le futur entraîneur avec une quasi-certitude — McCourt et Benatia l’ont eux-mêmes confirmé aux supporters mardi. Le profil intrigue autant qu’il séduit : champion de National avec le Red Star en 2024, promu en Ligue 1 pour sauver un Stade Rennais barragiste à son arrivée en janvier 2025, l’ancien défenseur de l’OM a construit une trajectoire d’entraîneur atypique, loin des sentiers balisés. Sauf qu’il y a un hic, et pas des moindres. Beye est encore lié contractuellement à Rennes, et la tentative de conciliation devant la commission juridique de la LFP mardi après-midi n’a rien donné. Rennes dispose théoriquement jusqu’au 12 mars pour envoyer la lettre de rupture de contrat. Personne ne croit vraiment que le club breton fera traîner les choses — les deux clubs ont cosigné une tribune commune dans Le Monde il y a quelques jours —, mais on ne sait pas encore quand le technicien sera officiellement libre.

Un club qui cherche sa tête

Reste la question la plus vertigineuse : qui pour présider l’OM ? McCourt a annoncé chercher un nouveau président, ce qui revient à enterrer l’ère Longoria sans prononcer le mot. L’Espagnol de 37 ans, propulsé à ce poste en février 2021 dans la panique post-Eyraud, se retrouve aujourd’hui dans la même position que son prédécesseur : visé par les banderoles au Vélodrome samedi, démonétisé par un Benatia dont la montée en puissance l’a progressivement marginalisé. Quatrième en Ligue 1 à cinq points du podium, éliminé de la scène européenne, l’OM traverse sa énième crise de gouvernance sous l’ère McCourt. Toujours la même mécanique, toujours les mêmes pompiers, toujours cette impression que le prochain incendie couve déjà sous les cendres du précédent.