Il ne reste que deux journées de Ligue 1, et l’Olympique de Marseille n’existe déjà plus vraiment.
Pas sportivement, en tout cas. Ce dimanche soir, le club phocéen se déplace au Havre avec un groupe sous perfusion, un entraîneur qui gère davantage des états d’âme que des schémas tactiques, et un vestiaire dont la grande majorité des membres a déjà tourné la page. Mentalement, la saison est terminée depuis longtemps.
Un chiffre qui résume tout
Sur le plateau de L’Équipe de Greg, le journaliste Anthony Clément a posé les mots que personne n’osait dire clairement : 80 % des joueurs marseillais se verraient ailleurs la saison prochaine. Pas 20 %. Pas quelques indésirables ciblés par le mercato. Quatre joueurs sur cinq. Une proportion qui ne laisse aucune place à l’interprétation ni aux euphémismes habituels du football professionnel.
Ce chiffre n’est pas une rumeur de couloir. Il est le reflet d’une désintégration collective que les résultats sportifs illustrent semaine après semaine. Depuis des mois, l’OM accumule les défaites, les contre-performances et les éclats internes. La claque reçue à Nantes — 3-0, sans résistance — n’a même pas provoqué de clash salvateur dans le vestiaire. Selon RMC Sport, l’ambiance qui a suivi était celle d’une résignation générale, chacun se renvoyant silencieusement la responsabilité de l’échec.
Un club sans cap, des joueurs sans attaches
Ce qui est peut-être le plus alarmant dans cette situation, c’est que même les joueurs qui auraient souhaité rester s’interrogent. Car l’OM ne leur offre aucune visibilité. Ni sur le projet sportif, ni sur l’entraîneur, ni sur la direction. Habib Beye lui-même a reconnu publiquement que sa mission avait changé de nature : il ne prépare plus des matchs, il tente de maintenir un groupe psychologiquement en état de jouer. Le technicien franco-sénégalais gère une cellule de crise, pas une équipe de football.
Des cadres comme Mason Greenwood, Pierre-Emile Højbjerg, Leonardo Balerdi ou Pierre-Emerick Aubameyang sont déjà cités comme probables partants. Greenwood cristallise particulièrement les tensions : performant sur le papier, il serait de plus en plus détaché, au point que certains observateurs affirment qu’il « ne fait même plus semblant de s’intéresser au sort de l’équipe ». Une image qui en dit long sur l’atmosphère générale.
Un été de reconstruction totale en vue
Septième de Ligue 1, sans qualification européenne en vue, l’OM aborde cet été dans une position inédite depuis plusieurs années. Le départ de Medhi Benatia au poste de directeur sportif, l’arrivée annoncée de Stéphane Richard à la présidence, et un mercato qui s’annonce comme un dégraissage massif : tout est à reconstruire, et vite.
Le chiffre des 80 % ne devrait donc surprendre personne. Dans un club sans direction claire, sans objectif atteignable et sans cohésion interne, partir est moins un choix qu’un réflexe de survie professionnelle.
L’OM version 2025-2026 ne finit pas une saison. Elle solde les comptes.

