OM : 53 millions d’euros grâce à la Ligue des champions, malgré le mauvais parcours

Discrets dans leur communication, spectaculaires dans leurs comptes. La participation de l’Olympique de Marseille à la Ligue des champions 2025-2026 aura généré environ 53 millions d’euros de revenus UEFA. Un pactole aux conséquences concrètes, que le club phocéen s’apprête à transformer en munitions pour le mercato.

Il y a des chiffres qui parlent d’eux-mêmes. Cinquante-trois millions d’euros. C’est, au terme de leur campagne en Ligue des champions 2025-2026, ce qu’aura encaissé l’Olympique de Marseille grâce à l’UEFA. Deuxième club français au classement des revenus européens, derrière le PSG, l’OM a transformé sa simple présence dans la plus grande compétition de clubs en véritable opération financière d’envergure.

Un socle garanti, des bonus accumulés

Tout commence à la qualification. Chaque club admis en phase de ligue perçoit une prime de participation fixe de 18,62 millions d’euros — l’argent assuré, le plancher sur lequel tout se construit. Ensuite, chaque match disputé devient une affaire de business autant que de sport : une victoire rapporte 2,1 millions d’euros, un nul 0,7 million.

L’OM en a remporté trois dans la phase de poules, soit 6,3 millions d’euros engrangés sur le terrain. À cela s’ajoutent une part variable indexée sur le coefficient UEFA du club — 4,844 millions — et une prime liée au classement final en phase de ligue, autour de la 16e position, valorisée à 5,775 millions. La qualification aux barrages a, elle, débloqué un bonus complémentaire d’un million d’euros.

Mais le vrai levier financier de cette aventure européenne se situe ailleurs.

Le marketpool, machine à cash discrète

Souvent méconnu du grand public, le marketpool constitue la composante la plus lucrative du modèle économique UEFA pour les clubs français. Ce mécanisme de redistribution des droits télévisés nationaux a permis à l’OM d’empocher 19,635 millions d’euros supplémentaires — soit près de 37 % du total perçu. Un montant déterminé par la santé commerciale du championnat de France sur la scène européenne, et par la part revenant à chaque club français engagé en compétition UEFA.

Additionnés, ces différents postes aboutissent à un total estimé à 53 millions d’euros, après prise en compte des ajustements et barèmes définitifs de l’UEFA.

Un effet de levier rare sur le budget

Ce qui rend ce chiffre particulièrement puissant, c’est son caractère exceptionnel. Dans une économie de club structurée autour d’un budget annuel d’environ 275 millions d’euros, ces 53 millions représentent près de 19 % des ressources totales — sans peser durablement sur la masse salariale ni fragiliser les équilibres comptables à long terme.

C’est précisément ce que cherchait Frank McCourt : un afflux ponctuel, massif, qui offre des marges de manœuvre au mercato sans engager l’avenir. De l’argent libre, en quelque sorte, au moment où l’OM entend franchir un cap sportif.

La Ligue des champions n’a pas seulement offert à Marseille des nuits européennes. Elle lui a offert les moyens de ses ambitions.


L’OM figure parmi les clubs français ayant le mieux capitalisé sur leur participation en Coupe d’Europe cette saison, dans un contexte où les revenus UEFA constituent désormais un enjeu stratégique majeur pour tout club visant le haut du tableau en Ligue 1.