OL en vente : milliardaires, fonds souverains et grands noms du sport se disputent le rachat de Lyon

L’Olympique Lyonnais entre dans une nouvelle ère — ou plutôt, il cherche désespérément à en sortir une.

Depuis le 14 avril 2026, le club rhodanien est officiellement sur le marché. Eagle Football Group, la holding de John Textor qui contrôle l’OL, Botafogo et le RWDM Brussels, a annoncé la mise en vente de ses actifs. Un comité de vente indépendant a été constitué, piloté par le cabinet britannique Cork Gully, mandaté pour représenter les créanciers et orchestrer le processus de rachat. La course est lancée. Et les prétendants ne manquent pas.

Un casting de milliardaires

Rarement un club français aura suscité un tel appétit sur le marché des fusions-acquisitions sportives. Parmi les candidats identifiés par la presse économique et sportive, les profils sont aussi variés qu’impressionnants. Michele Kang, déjà actionnaire via Eagle Football Group, est présentée comme la grande favorite du dossier. Fondatrice de Kynisca Sports et figure montante du football féminin mondial, elle serait en mesure de reprendre le club dans une structure solide, aux côtés du fonds américain Ares Management.

Mais la concurrence est féroce. Gerry Cardinale, fondateur de RedBird Capital et propriétaire du Milan AC, figurerait également dans la course, tout comme Apollo Global Management, le fonds britannique Iconic Sports, Alexander Knaster et Edward Eisler — deux financiers de renom issus du monde des hedge funds. Plus surprenant encore, le cheikh Moe Al Thani, représentant des intérêts qataris, aurait manifesté son intérêt, ravivant les spéculations sur un retour du capital du Golfe dans le football français. Et last but not least : John Elkann, PDG du groupe Agnelli et figure tutélaire de la Juventus et Ferrari, est cité comme candidat potentiel — un signal fort de l’attractivité symbolique que conserve le club malgré ses tourments.

Une valeur divisée par deux, une dette qui plombe tout

Derrière le glamour des noms en lice, la réalité financière est nettement moins reluisante. L’OL est aujourd’hui valorisé entre 300 et 350 millions d’euros selon les estimations de la presse économique spécialisée — soit moins de la moitié du prix payé par Textor en 2022 lors du rachat à Jean-Michel Aulas, alors estimé à environ 798 millions d’euros. Une décote brutale, qui s’explique en partie par les quelque 250 millions de dollars de dettes portées par Eagle Football Group, héritage du montage financier initial entre Textor et Ares.

C’est précisément cette dette qui donne le tempo au processus de vente. Les créanciers, représentés par Cork Gully, ont tout intérêt à accélérer une transaction avant que la valeur du club ne s’érode davantage.

La fin de saison comme pivôt

Tout pourrait basculer dans les prochaines semaines. Les résultats sportifs de l’OL en cette fin de championnat 2025-2026 — et notamment une éventuelle qualification européenne — auront un impact direct sur la valorisation du club et l’attractivité du dossier aux yeux des investisseurs. Une place en Ligue des Champions changerait radicalement l’équation financière et pourrait faire grimper les enchères.

Ce qui est certain, c’est que l’Olympique Lyonnais vit l’une des périodes les plus incertaines de son histoire moderne. Le club aux sept titres consécutifs de champion de France n’appartient plus vraiment à personne — et tout le monde veut le récupérer.