Sous pavillon brésilien et dynamisé par l’arrivée de Thibaut Courtois parmi ses actionnaires, Le Mans FC assume un virage majeur. Mais derrière le prestige des nouveaux partenaires, le club sarthois affiche une ambition structurée : bâtir un modèle durable avant de viser la Ligue 1.
Une vision à long terme
Au Mans, la révolution est en marche, mais elle ne se fera pas à coups d’effets d’annonce. Passé sous contrôle du fonds d’investissement brésilien OutField, désormais actionnaire majoritaire, le club sarthois avance avec une idée fixe : construire avant de rêver. « Il y a un train à prendre aujourd’hui, et j’ai le sentiment que c’est le bon moment », confie le président Thierry Gomez, confirmé dans ses fonctions et toujours à la manœuvre du quotidien.
L’objectif, clairement formulé par les nouveaux propriétaires, s’étend sur trois à quatre ans : stabiliser le club dans le haut de tableau de Ligue 2 avant de viser le retour parmi l’élite. OutField, cofondé par Pedro Oliveira, ne veut pas d’un feu de paille. Le fonds mise sur une croissance maîtrisée, fondée sur des bases économiques solides et des infrastructures repensées. Premier acte : la reprise du centre d’entraînement de la Pincenardière, site historique qui doit redevenir un pôle structurant, ainsi que la relance du centre de formation, disparu en 2013.
La stratégie avant le spectacle
Pas question, assure Gomez, de dépenser sans discernement. Les nouvelles ressources serviront avant tout à professionnaliser la structure et moderniser les outils : recrutement, data, scouting, performances médicales. Dans un football français marqué par l’instabilité financière, Le Mans veut jouer la carte de la rigueur.
« Le club a formé de grands joueurs, rappelle Oliveira. Nous voulons renouer avec cette culture et bâtir un modèle cohérent. »
Cette philosophie tranche avec certains projets récents, plus bruyants que consistants. Le fonds brésilien revendique au contraire une approche industrielle : sécuriser les actifs du club, renforcer la gouvernance et faire de la Sarthe un laboratoire de développement européen. Le discours se veut rassurant, ambitieux mais pragmatique — loin des promesses de montées express souvent fatalement déçues.
Une ouverture internationale assumée
Derrière la prudence du discours, Le Mans soigne aussi son image. L’arrivée dans le capital de Thibaut Courtois s’ajoute à celle d’autres investisseurs renommés – Novak Djokovic, Felipe Massa ou Kevin Magnussen – réunis autour d’OutField. Un casting qui sert la notoriété du projet autant qu’il ouvre des réseaux commerciaux et sportifs, notamment sur le marché brésilien.
Cette stratégie d’exposition vise à faire du club un nom connu au-delà des frontières françaises. Sans renier son identité locale, Le Mans aspire à devenir une marque européenne, soutenue par un cercle d’ambassadeurs sportifs puissants. L’équilibre entre ambitions sportives et expansion marketing s’annonce délicat mais stimulant.
Promu en Ligue 2 en 2025, le club a déjà démontré sa résilience après des années de turbulences. Reste désormais à traduire cette stabilité nouvelle en progression tangible. Si la trajectoire annoncée est respectée, Le Mans pourrait redevenir, d’ici la fin de la décennie, l’un des symboles du renouveau raisonné du football français.

