À 34 ans, Neymar semble davantage dialoguer avec son corps qu’avec son avenir. Toujours sous contrat avec Santos jusqu’en décembre 2026, le génie brésilien n’écarte désormais plus l’idée d’un dernier tour de piste avant de ranger les crampons. Après plus d’une décennie à incarner la flamboyance du football auriverde, l’heure des bilans s’installe doucement, comme une évidence.
Le poids du temps
Longtemps, Neymar a défié l’usure. Les coups, les rechutes, les critiques : tout semblait glisser sur ce joueur hors norme qui n’a jamais cessé de croire en son talent. Mais cette fois, le discours a changé. Interrogé par Cazé TV, l’attaquant de Santos a reconnu ne pas savoir de quoi sera faite « l’année prochaine ». Un aveu simple, presque désarmant, dans lequel transparaît la fatigue d’un corps meurtri et la lucidité d’un homme qui refuse de promettre ce qu’il n’est plus sûr de pouvoir tenir.
Opéré du genou gauche en décembre, moins d’un an après une rupture des ligaments croisés, Neymar avance à tâtons. Son retour progressif sur les terrains s’apparente davantage à une renaissance fragile qu’à une nouvelle conquête. À l’entraînement, la prudence l’emporte sur la spontanéité. Finies les accélérations dévastatrices et les dribbles à répétition : l’ancien joyau du Barça et du PSG apprend désormais à écouter ses limites.
Une carrière sous tension
Le paradoxe de Neymar, c’est qu’il parle encore de rêve tout en évoquant la fin. La Coupe du monde 2026, organisée entre les États-Unis, le Canada et le Mexique, reste en toile de fond — un phare dans la brume. Santos et la Seleção espèrent l’y voir briller une dernière fois, symbole d’un footballeur qui a marqué son époque, mais que le temps rattrape inexorablement.
Sa récente réapparition sous le maillot de Santos a provoqué un frisson. Entré en jeu à la pause lors d’une large victoire, il a offert une passe décisive et retrouvé, l’espace d’un instant, la légèreté d’autrefois. Mais quelques minutes plus tard, un tacle appuyé a rappelé à tous que chaque match est désormais un pari sur l’intégrité de son genou.
Au club, le plan de reprise est strict : minuté, encadré, contraint. Santos ménage sa star plus qu’il ne la sollicite, conscientes que l’essentiel n’est plus d’éblouir, mais de préserver. Neymar, lui, compose avec cette nouvelle réalité. Il s’entraîne moins, soigne plus, et pense surtout à vivre « au jour le jour » — une formule devenue mantra.
Alors que la génération brésilienne suivante, emmenée par Vinícius et Rodrygo, s’impose à l’international, le joueur qui a longtemps incarné le futur du foot brésilien regarde le présent avec recul. L’icône mondialisée semble vouloir reprendre le contrôle de son histoire, quitte à en écrire la dernière page à sa manière.
La question n’est plus de savoir si Neymar reviendra au sommet, mais jusqu’où il souhaite aller pour y retourner. Le « Ney » des débuts n’est plus, mais l’homme, lui, semble avoir gagné en sincérité. Et parfois, c’est dans le renoncement que se cache la plus belle forme de courage.
