Un mastodonte écrasant tout sur son passage, des outsiders décevants, un niveau de jeu déplorable, un classement quasiment figé à sept journées de la fin de la compétition, comment prendre du plaisir à suivre notre championnat de France cette année ? Ne serions-nous pas face à l’année la moins palpitante de l’histoire de la Ligue 1 ?

 

Quels supporters peuvent être satisfaits de la saison de leur club ? Ceux de Lille et à la limite ceux de Rennes ou de Strasbourg. Point. Sur vingt institutions, autant dire que le bilan est bien maigre. Pour situer le niveau de notre Ligue 1, il suffit de prendre en compte l’indicateur Paris-Saint-Germain. Le club de la capitale a tué tout suspense depuis le milieu de la saison. Nous sommes loin du duel palpitant entre Liverpool et Manchester City en Premier League. Mais après tout, les moyens du club Parisien sont nettement supérieurs à ceux des autres entités françaises. De là, à prendre plus de vingt points d’avance à la mi-championnat ? Non. Les équipes comme Lyon, Marseille, ou encore Monaco sont censées tenir tête ou a minima, maintenir un écart avec les hommes de Thomas Tuchel. Il n’en est rien. Et pire, les niveaux affichés par ces équipes sont à la limite de l’intolérable. Les Lyonnais sont branchés sur courant alternatif, incapables d’enchainer les performances, les Marseillais accumulent les mauvais résultats et il ne vaut mieux ne pas évoquer le cas de Monaco. Pourtant, pour les deux premières équipes citées, la Ligue des champions reste jouable. C’est pour dire le niveau de notre Ligue 1.

Nice 19e attaque du championnat joue la qualification en Coupe d’Europe

Les Aiglons n’ont pas d’attaquant de pointe cette année. Aucun renfort n’a comblé le départ de Mario Ballotelli, et les statistiques confirment ce cruel manque de buteur. 23 buts en 31 rencontres, soit 0,7 pion par match. Une calamité. Mais comble de notre championnat, les hommes de Patrick Vieira sont actuellement 7e à trois points de la 4e place. Incroyable à première vue. Certes, les Niçois possèdent la troisième meilleure défense de Ligue 1 (29 buts), mais le niveau affiché est loin d’être exceptionnel. Le classement des rouge et noir est un reflet du niveau du championnat de France.

Paris, Lyon, Monaco, Marseille, Rennes, Bordeaux, éliminés des Coupes d’Europe

A l’aube du début de saison, six équipes sont engagées en C1 et C3 pour représenter la France sur l’échiquier Européen. Quel massacre. Monaco, Marseille et Bordeaux n’ont pas dépassé le stade des poules avec un bilan désastreux (13 défaites sur 18 rencontres). En huitième de finale de C1, et avec deux buts d’avance, Paris a subi une nouvelle humiliation face à une équipe de Manchester United diminuée. Le FC Barcelone n’a fait qu’une bouchée de Lyon au même stade de la compétition. Seul Rennes, la formation qu’on attendait le moins, a fait bonne impression en s’inclinant tout de même face à Arsenal en huitième de finale de la Ligue Europa. Le résultat final est sans équivoque : une claque. Les équipes françaises n’avaient pas le niveau, ni le mental pour rivaliser avec l’Europe. Quand nous sommes face à ce constat, quelles conclusions en tirer ? Une très simple. Nous sommes très en retard sur les autres championnats Européens.

Un classement figé

Au-delà du faible niveau de jeu proposé tous les week-ends, le championnat semble au point mort dès la 31e journée. Le Paris-Saint-Germain fêtera sans doute son titre dimanche prochain contre Lille (un match nul suffira), et les trois derniers du classement sont presque condamnés. Par miracle, depuis deux années la 18e place permet de disputer un barrage de promotion contre le 3e de Ligue 2, de quoi laisser un peu de suspense entre Caen, Dijon et Guingamp.

La place qualificative en Ligue des champions se jouera entre Lille et Lyon, pour le perdant de ce duel, il faudra passer par les tours préliminaires. La rencontre prévue le 4 mai entre les deux formations est l’unique match à enjeu de cette fin de championnat en haut du classement.

Si le Paris-Saint remporte la Coupe de France contre Rennes, cinq équipes se disputeront deux places. Saint-Etienne, Marseille, Reims, Nice et Montpellier sont les équipes à suivre d’un oeil pour la qualification en Europa League. Mais en toute objectivité, cette lutte ne fait pas vraiment rêver, nous parlons de duels pour la 4e et 5e place à 7 journées de la fin…

Pour faire le bilan à l’aube de la fin de saison, parler d’échec ne serait pas suffisant. Nous sommes face à une catastrophe. Aucun club français à suivre en coupe d’Europe depuis mi-mars, aucun suspense dans notre championnat et un niveau de jeu désastreux. L’année prochaine se prépare dès à présent, espérons que les dirigeants du football français prennent conscience des lacunes de notre première division et se remettent sérieusement au travail.

A.L