Mbappé, Yamal… « Le bandage, c’est du dopage ? »

Le débat autour des bandages visibles sur les terrains de football refait surface, alimentant parfois la suspicion de pratiques douteuses. Interrogé sur la question, le Dr. Miguel del Valle, président de la Société Espagnole de Médecine du Sport, a tenu à clarifier la situation : « Le bandage n’est pas du dopage : il s’agit souvent de superstitions ou simplement d’esthétique. »

Dans les derniers mois, plusieurs joueurs de haut niveau ont attiré l’attention en arborant régulièrement des bandages, qu’ils soient au genou, au poignet ou à l’épaule. Parmi eux, l’international espagnol, le défenseur brésilien Éder Militão et le gardien du FC Barcelone Marc-André ter Stegen. Les images des joueurs du Barça, en particulier, ont suscité des interrogations sur l’utilité réelle de ces bandages et leur possible lien avec une optimisation artificielle des performances.

Pour le Dr. Del Valle, il est essentiel de rappeler la fonction initiale de ces dispositifs : « Dans la grande majorité des cas, il s’agit d’un simple maintien, parfois sans grande utilité médicale réelle. Beaucoup de joueurs utilisent un bandage comme un rituel, une protection psychologique, ou même pour des raisons purement esthétiques. »

Le médecin insiste sur la différence fondamentale entre soin, prévention et dopage. « Le dopage suppose l’utilisation de substances ou de méthodes interdites visant à modifier les capacités physiques de l’athlète. Le bandage, lui, ne change pas la physiologie : il accompagne le joueur, c’est tout », a-t-il rappelé.

La question de la surcharge du calendrier

Au-delà du sujet des bandages, Miguel del Valle a profité de cette prise de parole pour évoquer un problème plus large qui menace la santé des sportifs : la saturation du calendrier. « Nous voyons chaque année une fréquence d’entraînements et de compétitions qui augmente, sans laisser de véritable espace à la récupération. C’est là que se situe le vrai risque », a-t-il averti.

Entre les championnats nationaux, les coupes, les compétitions européennes et les sélections internationales, les corps des footballeurs sont mis à rude épreuve. Des blessures répétées chez des joueurs de premier plan comme Militão ou Ter Stegen ne sont pas seulement dues à la malchance, selon lui, mais reflètent aussi le manque de repos structurel dans le football actuel.

Un message de pédagogie

En définitive, le Dr. Del Valle appelle à dédramatiser l’image du bandage, trop souvent interprété comme un signe de tricherie ou de faiblesse. Il invite à se concentrer plutôt sur la prévention des blessures et la gestion plus humaine du temps de jeu des sportifs.

Son message est clair : le football moderne doit trouver un équilibre entre spectacle, exigence compétitive et santé des joueurs — une vérité qui dépasse largement la question des bandages visibles sur les pelouses.