Le stade Vélodrome accueille ce mercredi soir (21h) un quart de finale de Coupe de France qui revêt une dimension particulière pour l’Olympique de Marseille.
Face à Toulouse, les Phocéens ne cachent plus leur ambition : reconquérir un trophée qui leur échappe depuis 1989. Une éternité que le staff olympien entend bien transformer en motivation ultime.
Un basculement assumé dans les priorités
« On n’a pas gagné ce trophée depuis longtemps, c’est un objectif majeur », assumait Habib Beye en conférence de presse. Le message est clair : après l’élimination européenne et un championnat où Marseille pointe à une décevante quatrième place (43 points en 24 journées), la Coupe de France devient le projet fédérateur de fin de saison.
D’autant que le contexte s’y prête. Le PSG, ogre habituel de l’épreuve, a déjà quitté la compétition. Le chemin s’ouvre pour l’OM, qui n’a plus soulevé la vieille dame depuis 37 ans. Une disette historique qui pèse sur un club habitué aux trophées nationaux. « Il faut aller chercher ces trophées-là, match après match », insiste le staff marseillais, conscient que l’opportunité est rare.
Le timing tombe à pic. Après une victoire convaincante contre Lyon en championnat (3-2), Marseille retrouve de la confiance. Le Vélodrome, bouillonnant lors des grandes soirées européennes, devra créer cette même ferveur pour un rendez-vous de Coupe. Avec plus de 60 000 spectateurs attendus, l’enceinte phocéenne peut devenir un atout décisif.
Toulouse, l’invité surprise qu’il ne faut pas sous-estimer
Si Marseille porte les ambitions, Toulouse incarne le profil de l’équipe piège. Dixième de Ligue 1 avec 31 points en 24 matches, le TFC présente un bilan équilibré (8 victoires, 7 nuls, 9 défaites) qui reflète sa solidité défensive (28 buts encaissés) et sa capacité à inquiéter (33 réalisations).
Le dernier déplacement des Violets au Vélodrome en championnat, le 29 novembre dernier, avait d’ailleurs donné des sueurs froides aux Marseillais : un spectaculaire 2-2 qui aurait même pu tourner à l’avantage toulousain. Ce souvenir récent doit servir d’avertissement.
Carles Martínez Novell, le technicien toulousain, aura à cœur de jouer un mauvais tour à son adversaire du soir. Privé de Frank Magri, Abu Francis et Messali (blessés), avec l’incertitude Nicolaisen, le coach espagnol devra composer. Mais Toulouse a prouvé toute la saison qu’il savait élever son niveau dans les grands rendez-vous. Le gardien Haug, expérimenté, pourrait débuter à la place de Restes, signe que le TFC prend cette compétition au sérieux.
Beye face à son plus grand défi marseillais
Pour Habib Beye, ce match représente bien plus qu’un quart de finale. C’est l’occasion de redonner du sens à une saison qui s’annonçait bien plus ambitieuse. Le technicien italien, arrivé l’été dernier avec l’étiquette de « coach moderne », doit prouver qu’il peut aussi remporter des trophées.
La composition d’équipe sera scrutée. Höjbjerg, suspendu, manquera à l’appel dans l’entrejeu. Quinten Timber devrait récupérer sa place aux côtés de Kondogbia. L’incertitude plane sur Amine Gouiri (gêne musculaire) et sur le choix du gardien : De Lange ou Rulli ?
Devant, le trio Greenwood-Aubameyang-Paixão semble intouchable, avec le jeune Abdelli dans le rôle de créateur derrière les attaquants. La charnière Balerdi-Pavard, solide face à Lyon, devra confirmer. Sur les côtés, Weah et Emerson apportent ce mélange de percussion et d’expérience.
« C’est un quart de finale de Coupe de France à domicile qui sera difficile », prévenait le staff marseillais. La prudence affichée contraste avec l’ambition assumée. De Zerbi sait qu’une élimination à ce stade, à domicile, face à une équipe de milieu de tableau, constituerait un échec retentissant.
L’enjeu : transformer l’essai
Au-delà du match, c’est tout un club qui cherche à se raccrocher à un objectif concret. Après une première partie de saison en dents de scie, marquée par des exploits européens et des déceptions domestiques, la Coupe de France offre une ligne directrice.
Le Vélodrome, qui vibre à l’unisson dans les grands soirs, attend sa formation. Les 65 000 spectateurs présents lors du nul contre Toulouse en novembre avaient vu une équipe brouillonne. Ce mercredi, ils espèrent retrouver l’OM conquérant du dernier week-end.
Pour Toulouse, ce déplacement représente une formidable opportunité de briller sous les projecteurs. Sans pression, libre dans ses mouvements, le TFC peut jouer les trouble-fêtes. Comme souvent en Coupe, les hiérarchies peuvent se brouiller sur un coup de génie ou une erreur défensive.
Une seule certitude : à trois matches d’un hypothétique sacre, Marseille n’a plus le droit à l’erreur. La route vers Saint-Denis et la finale du 9 mai passe par ce rendez-vous piège. Le compte à rebours a commencé pour effacer 37 années de frustration.
Coup d’envoi : mercredi 4 mars à 21h00 au stade Vélodrome
Diffusion : beIN SPORTS 1
Arbitre : à désigner
Compositions probables :
OM (4-2-3-1) : De Lange (ou Rulli) – Weah, Balerdi, Pavard, Emerson – Q. Timber, Kondogbia – Greenwood, Abdelli, Paixão – Aubameyang
Absent : Höjbjerg (suspendu) | Incertain : Gouiri
Toulouse (3-4-3) : Haug – Sidibé, McKenzie, Cresswell – Kamanzi, Casseres, Diop, Methalie – Hidalgo, Emersonn, Gboho
Absents : Francis, Messali, Magri (blessés) | Incertain : Nicolaisen
