Sur le terrain, le renouveau de Manchester United est incontestable. Sous la houlette de Michael Carrick, les Red Devils retrouvent ambition et confiance. En coulisses, pourtant, la réalité financière du club est inquiétante : près de 500 millions d’euros à rembourser, dont plus de la moitié dans l’année à venir.
Depuis l’arrivée de Michael Carrick sur le banc d’Old Trafford, le visage du Manchester United a changé. Relancé par un retour au 4-2-3-1 et la résurgence de Kobbie Mainoo au milieu de terrain, le club mancunien a enchaîné six matchs sans défaite, dont cinq victoires consécutives. Une série qui a ravivé l’espoir d’une qualification pour la Ligue des champions, longtemps hors de portée sous Rúben Amorim.
En octobre dernier, United n’avait que 5,8% de chances de terminer parmi les cinq premiers d’après Opta. Cinq mois plus tard, cette probabilité atteint 72%. Carrick a su redonner un souffle compétitif à une équipe en quête d’identité.
Un club à la relance sportive, mais en danger financier
Si la dynamique sportive est en pleine ascension, les finances, elles, restent dans le rouge. L’absence de Manchester United en Ligue des champions pèse lourdement sur ses comptes. Selon son contrat avec Adidas, le club perd chaque saison 11,4 millions d’euros lorsqu’il n’est pas qualifié pour la plus prestigieuse compétition européenne. Un manque à gagner d’autant plus préoccupant que la dette totale du club atteint 1,48 milliard d’euros.
Le dernier rapport financier est pourtant en légère amélioration : un bénéfice opérationnel de 41,3 millions d’euros a été enregistré sur les six premiers mois de la saison, contre une perte de 4,45 millions sur la même période l’an passé. Mais derrière cette éclaircie se cache une réalité plus alarmante : selon The Times, United doit encore 481 millions d’euros à d’autres clubs pour des transferts non réglés. Et 272 millions devront être versés dans les douze prochains mois sous peine de pénalités.
Un modèle de transferts devenu étouffant
De 2021 à 2025, Manchester United a dépensé plus que n’importe quel autre club au monde : 794 millions d’euros en achats nets de joueurs, d’après la dernière étude financière de l’UEFA. Comme beaucoup d’équipes, ces transferts ont été échelonnés, mais les échéances s’accumulent et grèvent la trésorerie.
L’exemple de Joshua Zirkzee, recruté en 2024 à Bologne et payé en trois fois, illustre cette spirale de dépenses reportées.
Et l’héritage d’Amorim continue de peser sur les finances mancuniennes. Le licenciement du technicien portugais et de son staff pourrait coûter jusqu’à 18,25 millions d’euros supplémentaires, selon les compensations contractuelles prévues. À cela s’ajoutent les 7 millions versés au Sporting Portugal pour sa venue, ainsi que les 16,5 millions dépensés pour le départ d’Erik ten Hag en 2024. Résultat : plus de 30 millions d’euros engloutis uniquement dans les changements d’entraîneurs.
Malgré la relance sportive impulsée par Carrick, Manchester United reste donc sous haute surveillance financière. Pour retrouver pleinement son prestige, le club devra plus que jamais décrocher son billet pour la prochaine Ligue des champions — non seulement pour la gloire, mais pour sa survie économique.

