En l’espace de deux mois, Manchester United a tourné la page d’un pari aussi audacieux que coûteux. Le limogeage de Ruben Amorim, seulement huit semaines après son arrivée en provenance du Sporting Portugal, pèse lourd dans les comptes du club : 44 millions d’euros envolés.
Une somme qui illustre une fois de plus la stratégie erratique des dirigeants mancuniens.
Une facture monumentale pour un pari express
Lorsque les dirigeants de Manchester United ont décidé, en novembre 2024, de confier les rênes de l’équipe à Ruben Amorim, l’ambition semblait claire : engager un entraîneur jeune, novateur, porteur d’un football offensif et structuré. Pour cela, les Red Devils n’ont pas hésité à verser 10,5 millions d’euros au Sporting Portugal, tout en signant le chèque de 15,5 millions destiné à rompre le contrat d’Erik ten Hag.
Mais à Old Trafford, les révolutions tournent court. Moins de deux mois après son arrivée, Amorim a quitté le club sur fond de résultats décevants, d’un vestiaire divisé et d’une direction sportive incapable d’imposer une ligne claire. D’après Sky Sports, le départ du technicien portugais et de son staff représente désormais un coût prévisionnel de 18 millions d’euros supplémentaires, provisionné dans un document transmis à la Bourse de New York.
Au total : 44 millions d’euros pour un projet balayé avant même d’avoir pris forme.
Un symbole du désordre mancunien
Cet épisode s’ajoute à une liste déjà longue d’expériences avortées depuis le départ de Sir Alex Ferguson. Entre managers intérimaires, techniciens étrangers, retours ratés et recrutements précipités, Manchester United peine toujours à définir une identité sportive cohérente. Le cas Amorim apparaît dès lors comme une nouvelle illustration d’un mal structurel : un club prisonnier de sa propre instabilité.
Pour les supporters, l’échec du Portugais ne tient pas seulement à ses choix tactiques mais à l’environnement dans lequel il est arrivé — un vestiaire en perte de confiance, une direction divisée entre exigences financières et ambitions sportives, et une pression médiatique constante. L’éventuel rebond d’Amorim, courtisé notamment par le club brésilien de Vasco da Gama, ne ferait qu’accentuer le sentiment d’amertume à Manchester.
Au-delà du chiffre, c’est bien l’image de Manchester United qui en sort une nouvelle fois écornée : celle d’un géant européen devenu symbole d’amateurisme dans la gestion de ses projets sportifs.
Et pendant que les dirigeants cherchent désormais le énième homme providentiel, les 44 millions d’euros partis en fumée rappellent que les erreurs de casting coûtent cher — surtout lorsqu’elles sont répétitives.
