Manchester City : Pep Guardiola en perdition ?

Dimanche, Manchester City a frôlé l’exploit contre Arsenal (1-1) en Premier League. Mais derrière ce résultat se cache une vérité plus inquiétante : Pep Guardiola semble, pour la première fois en 17 ans de carrière, perdre ses certitudes.

Le bus inattendu
Une équipe de Guardiola réduite à seulement 32,8% de possession ? Cela n’était jamais arrivé. Ni au Barça, ni au Bayern, et encore moins à City avant dimanche. Pourtant, après avoir ouvert le score grâce à Erling Haaland, les Citizens se sont repliés, adoptant un bloc bas et une stratégie de contre limitée, loin de la maîtrise habituelle de leur jeu. Cinq tirs en tout au cours du match, un repli presque défensif… un spectacle contre-nature pour le technicien catalan.

À la conférence de presse, Guardiola a tenté de défendre son choix, un sourire ironique aux lèvres : « Garer le bus ? Une fois en dix ans, ce n’est pas si mal, non ? Maintenant, je suis une équipe de transition, vous le savez. » Mais derrière l’humour, transparaît un doute. Le maestro de la possession semble devoir renier ses principes pour masquer les failles d’une équipe qui, l’an dernier déjà, avait traversé sa plus grave crise défensive sous son règne.

Les fantômes de la saison passée
L’hiver dernier, City n’avait remporté qu’un seul de douze matches. Le début de cette saison, avec des défaites contre Tottenham (0-2) et Brighton (1-2), ravive ces mauvais souvenirs. Face à Arsenal, le choix de défendre d’abord et d’espérer un coup de génie de Haaland pourrait ne pas être une stratégie, mais une nécessité imposée par les démons du passé.

La fin d’un idéal ?
Avec sept points en cinq matches, City connaît son pire démarrage en championnat depuis 2006-2007. L’ombre d’un idéal de jeu — celui qui l’a mené au sommet de l’Europe — semble vaciller. Pep Guardiola, l’homme qui a toujours cru que le ballon était la clé, est désormais confronté à un dilemme cruel : rester fidèle à sa philosophie ou s’adapter pour survivre.

Dimanche, contre Arsenal, le bus n’était pas qu’une tactique. Il était le symbole d’un entraîneur qui, pour la première fois, doute de sa propre route.