À deux jours d’un choc brûlant au Vélodrome, Corentin Tolisso s’est mué en grand frère pour l’espoir brésilien Endrick, encore en phase d’apprentissage sous le maillot lyonnais. Le capitaine de l’OL en appelle à la patience, la rigueur et l’esprit collectif pour aider son jeune coéquipier à franchir un cap.
Arrivé à Lyon avec l’étiquette de “futur crack du Real Madrid”, Endrick découvre la réalité rugueuse de la Ligue 1. Après des débuts prometteurs, trois buts en cinq matches, l’attaquant de 19 ans a connu un premier coup d’arrêt. Son expulsion à Nantes, puis sa prestation plus discrète face à Strasbourg (1-3), ont rappelé que le talent ne suffit pas toujours face à l’intensité et au rythme du championnat français.
Vendredi, en conférence de presse, Corentin Tolisso a tenu à désamorcer toute pression autour de son jeune coéquipier. “Il a énormément de talent, il faut simplement lui laisser de la liberté”, a-t-il confié, avant d’insister sur la dimension collective : “Le plus important, c’est qu’il comprenne le système du coach, et ça, il l’a très bien assimilé.”
Pour l’ancien Munichois, la clé du succès passe moins par les statistiques que par la maturité. “Il est jeune, il a déjà traversé une période compliquée avec ce carton rouge à Nantes. Ce genre d’expérience, ça forge”, explique le capitaine lyonnais, conscient du contexte bouillant qui attend Endrick à Marseille.
Le Vélodrome comme révélateur
Dimanche, l’OL se présentera au Vélodrome dans un climat explosif, où chaque erreur se paye cher. Pour Endrick, l’occasion est idéale de prouver qu’il a retenu la leçon et qu’il peut aussi répondre sur le plan mental. À Lyon, tout le monde attend qu’il affiche la même spontanéité qu’à ses débuts, mais avec une meilleure gestion des émotions.
Tolisso, en bon relais du vestiaire, se veut à la fois protecteur et exigeant. “Notre rôle, avec Moussa, Clinton et Nico, c’est de maintenir le rythme, de parler au groupe et d’éviter les relâchements. Il faut rester concentré, toujours jouer pour l’équipe. La récompense individuelle viendra après”, résume-t-il.
Cette parole d’expérience tombe à point nommé. Endrick, prêté pour six mois seulement, n’a pas le temps de tergiverser. Lyon, toujours en quête de constance dans le jeu, a besoin d’un attaquant capable de transformer ses éclairs en régularité. À 19 ans, le Brésilien doit trouver son équilibre entre liberté créative et discipline tactique — un apprentissage express au contact d’un capitaine qui, lui aussi, a connu la pression des grands soirs.
Sous les projecteurs du Vélodrome, Endrick aura une nouvelle chance de prouver qu’il apprend vite. Et derrière chaque accélération, chaque duel, une voix résonnera dans sa tête : celle de Tolisso, le mentor discret d’une génération qui s’éveille.

