Qualifiés en force hier soir en huitièmes d’Europa League (2-0 a.p. à l’Étoile Rouge), les Dogues de Bruno Genesio retrouvent le sourire. Entre déclarations enflammées et caractère retrouvé, Lille signe son grand retour européen.
Le Stade de Belgrade a tremblé sous les coups de boutoir lillois. Menés au score moral après l’aller (1-0), les Nordistes ont renversé la vapeur en prolongations : Giroud (5e) puis Ngoy (99e) pour une qualif historique. Bruno Genesio, visage crispé puis libéré, n’a eu qu’un éloge à livrer : « Ce sont les joueurs qu’il faut féliciter. On a souffert, mais on a montré du caractère. Ça fait du bien à la tête ! »
Confiance en bandoulière
Cette réaction, première salve d’un feu nourri, résonne comme un cri primal. Après sept défaites en dix matchs – un tunnel sombre –, Lille renaît là où ça compte : en Europe. Olivier Giroud, buteur précoce et étincelant, parlait déjà de « fraîcheur retrouvée ». « Ce but nous a libérés, maintenant on vise les huitièmes », lâchait l’ancien Milanais, incarnation d’une attaque enfin tranchante. Capitaine Benjamin André, impérial au milieu (homme du match), a su tenir la baraque quand tout vacillait. Même l’adversaire serbe s’incline : Vladan Stankovic, coach de l’Étoile Rouge, rend hommage : « Ce qu’a fait Lille mérite d’être salué. Plus forts mentalement. »
Genesio, maître tacticien, avait pourtant mis en garde avant le match : « L’heure de vérité à Belgrade. » Vérité assénée en deux coups de rein. Ce succès n’efface pas les doutes en Ligue 1 (6e provisoire), mais il redessine les contours d’un collectif prêt à mordre. Prochain rendez-vous dimanche à Angers, puis le tirage européen : Aston Villa ou l’OL en ligne de mire ? Les Dogues, dopés par cette « remontada », refusent désormais de se cacher.
Lille version 2026 n’est plus celle qui s’effondrait sous la pression. L’électrochoc belge agit comme un révélateur : Genesio a su transcender ses troupes, Giroud retrouve ses griffes, André impose sa loi. Reste à transformer cet élan en points concrets en championnat. La machine, remise en route, semble prête à rugir. Après des mois de doutes, le LOSC version post-Belgrade incarne cette confiance brute, celle des soirs de gloire où le Nord fait parler la poudre. Huitièmes de Ligue Europa, un nouveau chapitre s’ouvre – et Lille y entre la tête haute.

