Lorient plante le dernier clou du cercueil des ambitions de Marseille

Brouillon, friable, sans réaction : l’Olympique de Marseille a sombré samedi soir au Stade du Moustoir face à des Merlus ambitieux et bien en place. Une défaite logique, inquiétante, et aux conséquences potentiellement lourdes dans la course à l’Europe.


Il y avait tout à jouer. Et l’OM a tout perdu. Déplacé à Lorient pour le compte de la 30e journée de Ligue 1, Marseille devait impérativement s’imposer pour maintenir la pression sur ses concurrents et s’emparer provisoirement de la troisième place au détriment de Lille. Il n’en sera rien. Pire : les hommes d’Habib Beye ont rendu une copie indigne de leurs ambitions, s’inclinant logiquement 2-0 devant un Lorient conquérant, dans ce qui restera comme l’une des soirées les plus sombres de leur saison.

Un scénario maîtrisé par les Bretons

Pourtant, le début de match laissait entrevoir quelques promesses. Greenwood et Gouiri se montraient remuants, créant quelques situations intéressantes dans le camp breton. Mais la première vraie occasion du match est venue des Merlus — Paixao frôlant l’auto-but sur une incursion de Katseris — avant que Mvogo ne bloque parfaitement une frappe de Greenwood.

C’est cette partition-là qui a résumé la soirée phocéenne : quelques éclairs, beaucoup de désordre. Car c’est bien le milieu de terrain marseillais, brouillon et désorganisé, qui a offert les clés du jeu aux Lorientais. Progressivement, Pantaloni et ses hommes ont pris le contrôle, et Katseris a logiquement ouvert le score à la 28e minute, profitant d’un superbe travail de Dieng pour effacer Balerdi et Pavard, loin d’être irréprochables sur l’action.

La pause n’a rien changé

La mi-temps aurait pu sonner comme un électrochoc. Elle n’a été qu’un intermède. Dès la reprise, Pagis s’est offert une belle opportunité, et Dieng a failli faire le break sans un réflexe exceptionnel de Rulli. La réaction marseillaise ? Timide. Un essai de Weah à vingt mètres, puis une tête d’Aubameyang qui a frôlé le poteau — quelques frissons, mais rien de plus.

Car Marseille est retombé dans ses travers avec une régularité inquiétante. La scène emblématique de la soirée ? Balerdi, encore lui, voyant Dieng lui passer dans le dos pour fusiller Rulli d’une frappe imparable (2-0, 58e). L’ancien Marseillaisan n’a pas tremblé. Ses anciens coéquipiers, si.

Un Top 4 qui s’envole

La fin de match a tenu davantage de l’agonie que du sursaut. Les cinq changements opérés par Beye n’ont rien changé à la physionomie de la rencontre. L’OM a semblé se résigner face à la fougue des Bretons, une dernière tête de Lamare passant de peu au-dessus pour achever le suspense.

Au classement, la situation devient critique. L’OM, actuellement 4e, pourrait terminer le week-end à la 6e place. Et au vu des prestations livrées ces dernières semaines — défense poreuse, manque de cohésion, absence de caractère — la question s’impose avec une acuité nouvelle : Marseille a-t-il encore les moyens de finir dans le Top 4 ?

Les prochaines échéances apporteront une réponse. Mais le temps presse, et les doutes, eux, s’accumulent.

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