L’OM quitte la Commanderie : 165 salariés déménagent vers le Prado !

L’Olympique de Marseille entre dans une nouvelle ère structurelle : à partir de cette semaine, plus de 160 collaborateurs vont quitter la Commanderie pour rejoindre de nouveaux bureaux situés avenue du Prado, dans un immeuble rénové à deux pas de l’Orange Vélodrome.

Ce déménagement, en trois phases les 2, 7 et 13 avril 2026, marque un tournant dans la réorganisation interne du club, avec une séparation nette entre la cellule sportive et l’administratif – et une série de conséquences pratiques et symboliques pour l’institution phocéenne.

La Commanderie libérée pour le sportif

Le déménagement concerne 165 salariés administratifs de l’Olympique de Marseille, qui vont progressivement intégrer trois étages d’un immeuble situé au 480 avenue du Prado, à mi‑chemin entre le Vélodrome et les plages du Prado. L’ancienne adresse, au 182 Traverse de la Martine à La Ciotat, abritait jusqu’alors une partie des services administratifs, marketing et commerciaux, cohabitant avec la partie sportive de la Commanderie.

Désormais, le Centre d’entraînement Robert Louis‑Dreyfus restera entièrement dédié aux joueurs et au staff, ce qui permet de recentrer l’ensemble du site sur la performance sportive, les soins et la préparation physique. Cette séparation géographique, annoncée il y a plusieurs mois par le président Pablo Longoria, vise à fluidifier les échanges et à éviter les interférences entre « business » et vestiaire, un ajustement structurel rare dans l’ère de fusion des fonctions vécue par la plupart des grands clubs européens.


165 cartons, trois dates clés

Le déménagement est organisé en trois phases : transfert des équipes les 2, 7 et 13 avril 2026, soit une opération qui s’étale sur près de deux semaines mais reste concentrée dans un calendrier très serré. Les 165 collaborateurs concernés appartiennent à différents pôles : marketing, communication, nouvelle‑économie (billetterie, upgrade, abonnements), partenariats, retail, et services supports (RH, finance, logistique).

Le choix du site du 480 avenue du Prado n’est pas anodin : l’immeuble, occupé jusqu’en 2024 par le cabinet KPMG, a été rénové et restructuré pour accueillir un siège social moderne et « fonctionnel », conçu pour accompagner la croissance du club et favoriser la synergie entre les équipes. Les futurs locaux, estimés à plus de 3 000 m², offrent des espaces de travail ouverts, des salles de réunion techniques et des espaces de collaboration, très différents de l’organisation plus cloisonnée de la Commanderie.


Entre mobilité améliorée et mécontentement interne

D’un point de vue pratique, le déménagement vers le Prado permet de réduire la dépendance à l’A50 et aux embouteillages quotidiens, un point positif pour les nombreux salariés qui venaient de Marseille ou de sa banlieue. Les nouveaux bureaux sont à moins de 10 minutes de route du stade, ce qui facilite les coordinations avec le Vélodrome, la direction du stade, les partenaires et les services de sécurité, un gain d’efficacité précieux en période de matchs et de grands événements.

Malgré ces avantages, le mouvement ne fait pas l’unanimité en interne. Selon plusieurs sources, certains salariés s’interrogent sur la qualité des espaces de vie, la proximité réelle avec le centre‑ville ou encore la perte de certains repères liés à la Commanderie, véritable « village » sportif depuis des décennies. Le début de cette réorganisation coïncide aussi avec une période de tensions sociales dans le football français, ce qui renforce la sensibilité des équipes administratives à tout changement de cadre de travail.


Une réorganisation à la croisée du sport et du business

Ce déménagement ne se résume pas à un simple changement d’adresse : il s’inscrit dans une stratégie globale de McCourt / Longoria visant à aligner l’OM sur le modèle de clubs européens ultra‑structurellés, où le sportif et le business sont clairement séparés mais connectés par des flux très maîtrisés. En plaçant l’administratif au cœur du prisme urbain marseillais (Prado, Vélodrome, centre‑ville), le club cherche à renforcer sa présence économique et culturelle, tout en gagnant en visibilité auprès des partenaires et des instances locales.

D’un point de vue data‑unique, on peut noter que ce type de relocalisation est très rare dans Ligue 1 : sur les cinq dernières années, seulement Lyon et Paris ont opéré des changements de siège comparables, mais sans jamais déplacer autant de collaborateurs en une seule série de dates. Le fait que l’OM déplace 165 salariés en trois jours clés (2, 7, 13 avril) constitue ainsi une opération logistique et humaine d’un niveau peu courant, qui traduit une volonté de rupture nette avec le passé administratif du club.

En clair, ce déménagement est un signal fort : l’OM veut se donner une image de structure moderne, réactive et centrée sur la performance, tout en assumant une réorganisation interne qui, à court terme, risque de faire grincer quelques dents dans les couloirs. Mais pour la direction, le pari est clair : un OM plus propre, plus proche de son stade et plus structuré, c’est la condition pour accélérer la croissance économique et sportive du club.