L’Iran, qualifié de haute lutte pour la Coupe du monde 2026, flirte avec le retrait total.
Les tensions explosives avec les États-Unis et Israël, exacerbées par des frappes récentes et la mort présumée de l’ayatollah Ali Khamenei, placent la fédération footballistique dans une impasse. Mehdi Taj, son président, juge la participation « peu probable », tandis que la FIFA observe en silence.
La ligue nationale iranienne est à l’arrêt, les stades vides, les maillots des Guerriers perses rangés au placard. Ce scénario catastrophe émerge dans un contexte géopolitique incendié : frappes américaines et israéliennes sur le sol iranien ont fait basculer le pays dans le chaos. « Le contexte rend impossible notre présence au Mondial », a lâché Taj, évoquant des visas refusés et une hostilité viscérale envers les organisateurs nord-américains. L’équipe, pourtant qualifiée dès mars 2025 après une campagne asiatique impeccable, se retrouve otage d’une crise qui dépasse le rectangle vert.
Retour sur un boycott avorté qui annonçait la tempête
Rappelons les premières secousses : en novembre 2025, l’Iran avait snobé le tirage au sort à Washington, furieux contre les refus de visas américains imposés par la politique trumpienne. Une décision symbolique, vite revenue en décembre après négociations de dernière minute. Tiré dans le groupe G aux côtés de l’Égypte, de la Belgique et de la Nouvelle-Zélande, l’Iran pouvait encore rêver d’exploits sur les pelouses des États-Unis, du Mexique et du Canada. Le tournoi inaugural, prévu dès le 11 juin 2026, promettait un choc des cultures autant que des styles.
Mais le vent a tourné brutalement fin février. Les médias iraniens, comme Tehran Times, titraient sur un « retrait probable », relayant les doutes de Taj après les événements tragiques. La mort supposée de Khamenei, figure suprême, a cristallisé les oppositions : voyager dans un tournoi co-organisé par les États-Unis, ennemi juré ? Inconcevable pour Téhéran. La fédération, sous pression gouvernementale, suspend matchs et entraînements, gelant une sélection rodée, habituée aux huitièmes de finale continentaux.
La FIFA, prise au dépourvu, n’a pas encore réagi officiellement. Mais les précédents abondent : en 1974, l’Iran avait déjà menacé de boycotter pour des raisons politiques. Aujourd’hui, un forfait ouvrirait un gouffre logistique. Qui remplacerait les Perses dans le groupe G ? Un barrage asiatique express ? Une wild card pour un outsider ? Les enjeux sportifs s’entremêlent aux diplomatiques, avec l’Égypte et la Belgique en observateurs nerveux.
Au-delà du rectangle vert, ce feuilleton révèle les limites du football comme diplomatie. L’Iran, nation footballistique fière – trois qualifications consécutives au Mondial –, risque de payer cash les fureurs de la realpolitik. Reste une lueur : les autorités sportives garde la main jusqu’au bout. Une volte-face reste possible, comme en décembre. Mais à six jours du coup d’envoi théorique des phases finales ? Le doute plane, épais comme un brouillard de guerre. Les Guerriers perses fouleront-ils les gazons américains, ou leur absence marquera-t-elle un nouveau chapitre noir du foot mondial ? Téhéran décide, le monde retient son souffle.

