Plus jeune entraîneur de Ligue 1, Willy Sagnol (37 ans) a accordé une longue interview à nos confrères de L’Equipe. Le technicien des Girondins de Bordeaux explique pourquoi son choix s’est porté sur les Marine et Blanc et évoque ses objectifs à Chaban-Delmas.

Cette saison, Willy Sagnol fait partie des sept novices de la Ligue 1, ceux qui ont pris pour la première fois les rênes d’une équipe. A 37 ans, l’ancien international tricolore (58 sélections) et sélectionneur de l’équipe de France Espoirs (2013-2014), le plus jeune d’entre-eux, a succédé à Francis Gillot à Bordeaux. Pourtant, il existait une autre solution, celle de prendre les rênes de l’Olympique Lyonnais. Je ne suis pas venu à Bordeaux parce que je ne voulais pas aller à Lyon, justifie-t-il ce vendredi dans L’Equipe. Les projets étaient complètement différents mais intéressants. Ce qui a fait la différence pour Bordeaux, c’est le rapport humain. Dans leur discours, Jean-Louis Triaud et Nicolas De Tavernost ont dû toucher certaines cordes sensibles.

Si l’ancien latéral droit de Saint-Etienne, Monaco et du Bayern Munich a accepté le challenge aquitain, le voir sur le banc d’une équipe tricolore n’était pourtant pas gagné d’avance. Quand on est dans le milieu du foot, il faut accepter ça ou changer de métier. Je me suis dit : De grands clubs français arrivent. Puisque j’aime être sur le terrain, là, ils m’offrent la possibilité d’y être tous les jours, explique le Stéphanois. La réflexion a quand même duré plusieurs semaines (…) A un moment de la réflexion, l’envie est devenue plus forte. Novice pour la Ligue 1, Willy Sagnol n’en reste pas moins lucide sur ses objectifs avec les Girondins, vainqueurs la semaine passée à Montpellier (1-0, 1ère journée) : Il y a tellement de gens qui font des annonces. La seule chose qu’un entraîneur veut, c’est tirer 100 % de son groupe. Le quitter plus fort que quand on est arrivé.

Que va donc apporter Sagnol à Bordeaux ? J’ai un projet de jeu. J’ai eu le temps de travailler quand j’étais à la Fédération. Je sais ce que je veux : du mouvement, du jeu vers l’avant. Après, il faut savoir l’adapter aux joueurs qu’on a (…) Je ne pourrai pas, demain, prendre une équipe et lui répéter tous les jours : on fait un gros bloc défensif, tout le monde reste bien organisé derrière. A-t-il justement les hommes pour réaliser cela ? Satisfait du recrutement estival marqué par les venues de Nicolas Pallois, Wahbi Khazri et Diego Contento, il ne ferme pas la porte à d’autres renforts d’ici le 31 août : On attend encore un défenseur, confirme-t-il. En attaque, on restera attentifs. Parfois, on peut faire de bonnes affaires en fin de mercato. Avant cela, sa prochaine mission sera de confirmer le succès initial dans l’Hérault face à Monaco, dimanche.

Camille Fischbach pour Top Mercato