Le dernier rapport financier de l’UEFA tire la sonnette d’alarme pour le football français. Malgré des revenus globaux records en Europe, la Ligue 1 affiche une inquiétante fragilité, minée par des pertes d’exploitation et un écart abyssal entre ses clubs.
Sur le papier, le football européen se porte bien. En 2025, les 745 clubs de première division issus des 55 associations membres de l’UEFA ont engrangé plus de 30 milliards d’euros de revenus, un niveau historique, avec un résultat d’exploitation cumulé positif de 500 millions d’euros. Mais derrière cette façade rassurante, le rapport 2026 de l’instance européenne révèle d’importants déséquilibres — et la France n’y échappe pas.
La Ligue 1 apparaît même parmi les championnats les plus fragiles. L’Olympique Lyonnais, l’Olympique de Marseille et Strasbourg figurent dans la liste restreinte des clubs européens ayant subi plus de 50 millions d’euros de pertes d’exploitation en 2025, aux côtés du Chelsea FC. À l’inverse, seuls onze clubs du continent dépassent les 50 millions d’euros de bénéfices, avec en tête le Real Madrid, l’Inter Milan et Manchester United. Une fracture qui illustre la polarisation croissante entre géants financiers et structures à la peine.
Le gouffre PSG-Ligue 1, symbole d’un mal profond
Si la Ligue 1 continue de bénéficier du rayonnement international du Paris Saint-Germain, la domination économique du club parisien fragilise l’équilibre du championnat. Selon l’UEFA, le PSG perçoit 29 fois plus de revenus commerciaux et de sponsoring que le club médian de Ligue 1. L’écart est sans équivalent parmi les grands championnats, hormis en Espagne où il atteint 36.
Ailleurs, la disparité reste contenue : rapport de 7 en Allemagne, 9 en Angleterre et en Italie, 12 aux Pays-Bas, 13 en Turquie. Autrement dit, le modèle économique français repose plus que jamais sur un unique moteur, au risque d’épuiser la concurrence nationale. L’UEFA s’interroge ouvertement sur cette défaillance structurelle, qui menace la compétitivité et la durabilité de la Ligue 1.
Dans ses conclusions, l’organisation appelle à renforcer les mécanismes de solidarité et de redistribution des revenus, afin de corriger ces déséquilibres. Un chantier complexe, mais urgent, si la France veut éviter que son championnat se transforme en monopole sportif et économique.

