Après une interruption d’une heure et demie à cause d’une VAR défectueuse, la finale de la Ligue des Champions entre l’Espérance Sportive de Tunis et le Wydad Casablanca a été arrêtée.

 

Interrompue pendant une heure et demie, le temps d’un match, la partie n’allait donc jamais reprendre. Cette finale retour n’est pas allée au bout et elle a été arrêtée à la 62ème minute. L’arbitre Bakary Gassama n’a annoncé le coup de sifflet final qu’à la 152ème minute dans un KO total sur la pelouse du stade de Rades à la suite du refus du joueur du Wydad Casablanca de reprendre le jeu.

Mené (1-0) sur un but de Belaïli depuis la fin d’une première période pauvre en occasions nettes (41eme), le Wydad poussait alors pour égaliser. Ce qu’il crut avoir fait quand El Karti, bien servi par El Haddad, trompait Jeridi de la tête (60eme). Etait-ce pour un hors-jeu (inexistant) ou une légère poussette (pas évidente du tout) dans la surface ? Toujours est-il que M. Gassama refusa le but. Pressé peu après de consulter les images vidéo, l’arbitre gambien refusa de s’exécuter, faute de pouvoir le faire : selon des échos concordants, le dispositif ne fonctionnait pas en raison d’une pièce manquante.

Quelques échauffourées ont alors éclaté et des bouteilles d’eau ont été lancées, entraînant l’intervention des forces de l’ordre. Les joueurs du Wydad ont, eux, refusé de reprendre le match tant que l’arbitre ne consultait pas l’assistance vidéo (VAR). Or, elle ne fonctionnait pas. Des officiels de la CAF, des membres des staff et des deux équipes ont longuement discuté sur le terrain, alors que les 60.000 spectateurs poursuivaient leurs chants. Cette suspension a duré environ une heure et demie.

Le match aller de la finale avait déjà été marqué par la confusion. L’arbitre égyptien Gehad Grisha avait été suspendu six mois par la CAF pour « performance faible ». Les ratés de ces deux matches de la compétition phare de clubs en Afrique interviennent alors que se profile la Coupe d’Afrique des nations, disputée en Egypte du 21 juin au 19 juillet.

La CAF a annoncé dans un communiqué que son président malgache Ahmad Ahmad avait décidé, « suite aux événements » et « l’arrêt du match », de convoquer « un comité exécutif d’urgence le 4 juin, pour débattre des issues réglementaires à réserver à cette rencontre ».

Mais l’histoire retiendra surtout que, depuis le début de cette finale pourrie par les polémiques sur l’arbitrage (à l’aller) puis l’arbitrage tout court (au retour), le football africain a perdu une grande bataille : celle de l’image.

Cette finale  de la Ligue des Champions retour a été sifflée par l’international gambien Bakary Gassama, assisté des Sénégalais Djibril Camara et Haj Samba. Le Zambien, Janny Sikazwe était à la tête de l’équipe des arbitres à la salle de la VAR (Assistance vidéo à l’arbitrage).

Avec cette victoire (fortement controversée), l’Espérance Sportive de Tunis devient la deuxième formation à gagner deux Ligues des champions africaines sans avoir concédé la moindre défaite. Un exploit réalisé par Al Ahly du Caire, les premiers à réaliser pareille performance, en 2005 et 2006.

Mieux encore, l’Espérance sportive de Tunis devient ainsi la première équipe du continent africain à pouvoir remporter cette prestigieuse épreuve footballistique en l’intervalle de six mois puisque la dernière finale en date fut décrochée par les Espérantistes, en novembre dernier sur la même pelouse du stade olympique de Rades face à Al-Ahly du Caire.

Isidore Akouete / Africa Top Sports