Les vraies raisons du départ de Medhi Benatia

Quelques jours après la démission de Roberto De Zerbi, l’Olympique de Marseille encaisse un nouveau coup dur. Dimanche, Medhi Benatia a annoncé quitter son poste de directeur du football, refermant à peine plus d’un an d’une aventure entamée en pleine crise.

Ce départ surprise plonge à nouveau le club phocéen dans une zone de turbulence, révélant des tensions profondes au cœur de sa direction.

Recruté en novembre 2023 pour stabiliser une organisation en difficulté, l’ancien capitaine du Maroc s’était rapidement imposé comme un relais essentiel de Pablo Longoria. Sa connaissance du vestiaire, son réseau et sa crédibilité avaient permis de remettre de l’ordre dans un club constamment sous pression. Mais à mesure que les mois passaient, la dynamique s’est fissurée. Dans un message adressé dimanche soir aux supporters, Benatia a évoqué un climat devenu « pesant » et une rupture « inévitable », manière de reconnaître que la collaboration avait atteint un point de non-retour.

D’après plusieurs sources, les raisons de son départ vont bien au-delà du malaise ambiant. Selon Foot Mercato, l’ancien défenseur central aurait été frustré par le manque de moyens mis à sa disposition. Lors de sa prise de fonctions, des promesses de renforts financiers lui auraient été faites pour reconstruire une équipe affaiblie par des ventes successives. Or ces engagements n’auraient jamais été tenus. Face à des marges budgétaires infimes, Benatia aurait dû jongler entre prêts, options d’achat obligatoires et négociations interminables pour maintenir un niveau compétitif. Une gymnastique permanente qui l’aurait usé, tout en nourrissant le sentiment de se battre sans armes.

Mais les incompréhensions ne se limitaient pas aux finances. L’Équipe révèle que les relations entre Benatia et Pablo Longoria s’étaient nettement refroidies ces dernières semaines. Le poids croissant de l’ancien joueur dans la gestion sportive, notamment auprès des cadres du vestiaire, aurait suscité des frictions internes. Ce qui avait commencé comme une collaboration complémentaire se serait transformé en un partage des pouvoirs mal défini, où chacun tentait d’imposer sa vision. À la tension sportive s’est ajoutée une défiance mutuelle, amplifiée par les rumeurs et les pressions du contexte marseillais.

Ce double départ, celui de De Zerbi puis de Benatia, laisse un vide béant dans la structure olympienne. Longoria se retrouve désormais seul à la barre, dans un environnement fragilisé par les résultats et la défiance croissante des supporters. À court terme, l’urgence sera de trouver un nouvel entraîneur et un remplaçant au poste stratégique de directeur du football. Mais au-delà des noms, c’est la cohérence d’un projet qu’il faudra reconstruire.

Car derrière le départ de Benatia, c’est tout un équilibre interne qui s’effondre à Marseille, symptôme d’un club toujours en quête de stabilité et de clarté dans ses ambitions.