Malgré sa qualification pour les huitièmes de finale de la Ligue des Champions, le Paris Saint-Germain donne des signes inquiétants. Son nul à Monaco (2-2), acquis à dix contre onze, met en lumière une équipe qui a perdu son équilibre collectif. Pour Daniel Riolo, le mal est clair : c’est au cœur du jeu que le champion d’Europe s’est déréglé.
Un PSG sans maîtrise malgré sa supériorité
Le scénario aurait dû tourner à la démonstration. Avec un joueur de plus pendant plus d’une heure, le PSG avait tout pour se relancer face à un Monaco valeureux mais limité. Au lieu de cela, les Parisiens ont concédé un nul frustrant, révélateur d’un malaise plus profond.
Paris conserve évidemment des atouts : un Kylian Mbappé toujours décisif, un Ousmane Dembélé en progrès, et une défense globalement solide. Mais dans le jeu, l’impression est celle d’un collectif qui ne parvient plus à imposer sa signature, cette domination fluide et technique qui avait fait sa force la saison passée.
Là où Luis Enrique parvenait à contrôler le tempo grâce à un milieu intelligent et complémentaire, Paris semble aujourd’hui coupé en deux : les attaquants vivent leur match, les défenseurs subissent, et entre les deux, le vide.
Riolo : « Le moteur du PSG est à l’arrêt »
Sur les ondes de RMC, Daniel Riolo ne s’est pas défilé. Pour lui, c’est au milieu de terrain que tout se joue — et tout se perd : « Le PSG, c’est d’abord une histoire de collectif, mais il faut aussi des joueurs qui structurent ce collectif. Ce trio du milieu, celui de l’an dernier, était le vrai moteur de Paris. Aujourd’hui, il n’existe plus. »
Le journaliste fait ici référence à ce trio Ruiz–Vitinha–Ugarte qui avait donné corps au projet de Luis Enrique. Fabian Ruiz assurait la stabilité et l’impact physique, Vitinha la créativité et l’énergie, Ugarte la récupération et le liant. Un équilibre subtil, désormais disparu.
« Fabian Ruiz n’est plus là, Vitinha est nettement moins en forme — ça se voit à chacune de ses prestations — et Ugarte peine à retrouver son rôle initial », poursuit Riolo, lucide sur la situation. « Ce n’est pas dramatique, mais le PSG a perdu quelque chose d’essentiel : la cohérence. »
Le signe d’un essoufflement collectif ?
Ce constat dépasse les individualités. Il interroge la mécanique d’ensemble mise en place par Luis Enrique. Privé de son entrejeu référent, le technicien espagnol cherche encore la bonne formule, alternant profils plus offensifs (Barcola ou Zaïre-Emery avancé) et expérimentations tactiques qui brouillent parfois le message.
Paris avance, mais sans certitude. Le champion d’Europe en titre maîtrise ses résultats, pas toujours ses matchs. Et même s’il reste encore du temps avant les grands rendez-vous du printemps, ce PSG-là inspire un léger doute — celui d’une équipe talentueuse, mais qui a perdu son cœur battant.

