Le FC Barcelone se lance dans la revente de maillots d’occasion, un marché à plusieurs milliards en ligne de mire : une idée qui pourrait inspirer bien d’autres clubs !

Le Barça ne vend plus seulement des maillots neufs. Il veut désormais contrôler leur seconde vie.

Le FC Barcelone vient d’annoncer le lancement de son premier canal officiel dédié à la revente de produits dérivés, fruit d’un partenariat stratégique avec la start-up barcelonaise Drelife, opéré via Barça Licensing & Merchandising (BLM). Une initiative qui marque un tournant dans la manière dont les grands clubs européens envisagent leur relation avec leurs supporters… et avec leurs propres archives vestimentaires.

Un marché qui échappait jusqu’ici au club

Depuis des décennies, les maillots blaugrana s’échangent sur des plateformes informelles, entre collectionneurs, sur des marchés de seconde main, loin de tout contrôle du club. Le Barça y voyait une mémoire collective s’écrire sans lui, sans garantie d’authenticité, et surtout sans retour économique. Ce temps est révolu.

Avec ce nouveau canal, le club catalan reprend la main sur un circuit qui fonctionnait jusqu’alors en dehors de son écosystème. Chaque transaction sera désormais encadrée, traçable, certifiée. Le consommateur gagne en confiance, le club gagne en données — et en revenus.

Le Barça Innovation Hub entre au capital de Drelife

L’opération ne se limite pas à un simple accord commercial. Le Barça Innovation Hub (BIHUB), le laboratoire technologique du club, a officialisé son entrée au capital de Drelife, spécialisée dans les solutions d’économie circulaire appliquées au retail. La start-up devient ainsi la quinzième entreprise du portefeuille technologique du Barça, intégrée pleinement à son écosystème d’innovation.

BLM jouera un rôle central : ce sera lui qui opérera ce canal de revente comme une extension directe de la boutique officielle du club. Le Barça ne se contente pas de superviser les ventes — il collecte aussi les données générées par les utilisateurs : habitudes d’achat, profils de collectionneurs, produits les plus recherchés. Des informations devenues des actifs stratégiques à part entière.

Un segment mondial en pleine explosion

Le timing n’est pas anodin. Le marché global de la revente de merchandising sportif connaît une croissance à deux chiffres et brasse chaque année des milliards d’euros — sans que les clubs en profitent directement. Le Barça ambitionne de changer la donne et de s’imposer comme l’un des premiers acteurs structurants de ce segment encore vierge.

Àngel Riudalbas, directeur du BIHUB, résume l’ambition : transformer l’écosystème retail du club en un modèle plus efficace et plus rentable, tout en ouvrant des voies de revenus récurrentes à partir de produits déjà existants. Alberto Miralles, CEO de Drelife, voit plus loin encore : redéfinir en profondeur la relation entre les clubs sportifs et leurs actifs commerciaux.

L’économie circulaire comme nouvelle frontière du sport business

Ce mouvement s’inscrit dans une tendance lourde : les grandes institutions sportives ne peuvent plus ignorer l’économie circulaire. Entre pression environnementale, évolution des comportements de consommation et potentiel financier colossal, la revente encadrée de produits dérivés s’impose comme un levier d’avenir.

Le FC Barcelone, habitué à innover autant sur le terrain que dans les salles de réunion, vient de poser un jalon. Les autres clubs européens observent. Et certains prendront note.

Un vieux maillot peut valoir de l’or — à condition de savoir qui en tient le marché.