Un lob de 40 mètres signé Michaël Barreto, 200 supporters qui envahissent la pelouse du Stade Charles-Massot, et des larmes plein les vestiaires. Ce samedi 9 mai 2026, le Dijon FCO a officiellement décroché le titre de champion de National et validé son retour en Ligue 2, trois ans après sa relégation et dix ans après sa dernière montée. Une soirée gravée dans le marbre.
Dijon a ouvert le score grâce au défenseur Waly Diouf à la 31e minute, à la retombée dans les six mètres d’un excellent coup-franc de Michaël Barreto. Puis est venu ce moment qui restera dans les mémoires : Barreto, sentant qu’il ne pourrait pas aller jusqu’au bout sur sa cuisse douloureuse, a tenté un lob de 40 mètres à la 64e minute — et dès qu’elle est partie, il savait qu’elle était dedans. Le Stade Charles-Massot a explosé. Les 200 supporters dijonnais ayant fait le déplacement en Auvergne ont envahi le terrain à la fin du match, dans un moment décrit par les témoins présents comme l’un des plus fous de l’histoire récente du club. Le scénario a été rendu encore plus beau par le reste du multiplex : pendant que le DFCO s’imposait au Puy-en-Velay, Fleury chutait à Orléans et Sochaux s’inclinait à Châteauroux, offrant définitivement le titre de champion de National aux Bourguignons avec cinq points d’avance sur leur dauphin.
Dans les vestiaires, les réactions ont traduit l’ampleur de l’événement. Jordan Marié, milieu et capitaine emblématique du DFCO, a laissé parler son soulagement : « On est soulagés ! C’est une fierté. J’étais resté au club après toutes les descentes avec un objectif : faire remonter le DFCO le plus rapidement possible. C’est mon premier titre au haut-niveau, c’est quelque chose de magnifique. » Le président Pierre-Henri Deballon, ému, a lui aussi pris la parole : « C’est beaucoup d’émotion. Jusqu’au bout on a eu peur. On est très heureux, et maintenant la nouvelle aventure, c’est la Ligue 2. » Sur le terrain, une silhouette à part achevait de rendre la soirée intemporelle : dix ans après la dernière montée de 2016, Jordan Marié, Julio Tavares, Quentin Bernard et Frédéric Sammaritano avaient l’occasion de faire monter Dijon une fois de plus — et ils l’ont fait.
Pour Dijon, ce titre de champion de National n’est pas qu’un simple billet pour la Ligue 2 : c’est la récompense d’une reconstruction menée dans la rigueur par l’entraîneur Baptiste Ridira. Après les montées de 2000 en CFA, 2004 en National, puis celles de 2011 et 2016 en Ligue 2, Dijon retrouve un championnat plus conforme à ses ambitions et à son passé récent dans l’élite du football français. La fête se poursuivra le 15 mai prochain au Stade Gaston-Gérard, lors de la dernière journée face à Orléans, où le trophée de champion sera soulevé devant le public bourguignon — dans un stade que le club espère voir comble. Cerise sur le gâteau : cette saison 2025-2026 est la dernière édition sous l’appellation « National », le championnat devenant entièrement professionnel et prenant le nom de « Ligue 3 » dès l’an prochain. Le DFCO quitte donc un championnat en même temps qu’il entre dans l’histoire.

