Le départ impossible de Pablo Longoria

Mis à l’écart par Frank McCourt, Pablo Longoria veut tourner la page marseillaise. Mais le président déclassé de l’Olympique de Marseille se retrouve piégé dans un entrelacs administratif et politique qui retarde son départ.

La fracture entre Frank McCourt et Pablo Longoria semble désormais irréversible. Après plusieurs semaines de tensions internes et une réorganisation brutale imposée depuis Boston, le propriétaire américain a décidé de retirer à son président espagnol une grande partie de ses pouvoirs. Medhi Benatia, promu directeur du football avec une influence accrue sur le sportif, devient de facto le nouvel homme fort du club. Quant à Longoria, il n’a plus qu’un rôle institutionnel symbolique — un titre sans réelle autorité.

Un président sans pouvoir, mais indispensable

Humilié par cette décision, le dirigeant ibérique souhaite quitter Marseille au plus vite. Mais, selon L’Équipe, un tel départ ne s’improvise pas. Ironie du sort : alors qu’il n’a plus la main sur rien à l’OM, Longoria reste juridiquement et politiquement indispensable à son fonctionnement.
Le président déchu représente encore officiellement le club au conseil d’administration de la Ligue de football professionnel (LFP) et au sein de l’European Football Clubs, une instance influente sur la scène continentale. Pour Frank McCourt, ces fonctions sont stratégiques : elles garantissent à l’OM une voix dans les discussions qui façonnent le football français et européen.
Or, les règles de la LFP compliquent tout. Les élections au conseil d’administration se font à titre personnel. Si Longoria démissionne, son siège serait immédiatement remis en jeu, et Marseille ne pourrait pas proposer de remplaçant valide — il faut avoir occupé des fonctions de président ou de directeur général durant au moins un an pour se présenter.

McCourt et Longoria, à la recherche d’une sortie maîtrisée

Ce verrou institutionnel oblige les deux parties à temporiser. Les avocats de McCourt et Longoria négocient discrètement les conditions d’une séparation “par le haut”. Les discussions, d’après plusieurs sources proches du dossier, portent autant sur des aspects financiers que sur la gestion de la représentation du club dans les instances.
Tout le monde semble d’accord sur le principe d’un départ, mais personne ne veut précipiter les choses. McCourt privilégie la stabilité et veut éviter de fragiliser la position de l’OM auprès de la Ligue. Longoria, lui, souhaite sortir avec dignité, après avoir porté un projet qu’il pensait durable avant d’être brutalement écarté.

Dans ce contexte tendu, un statu quo s’installe : un président sans vrai pouvoir mais encore trop utile pour partir. L’avenir de Longoria à Marseille n’est donc plus qu’une question de calendrier. Mais tant que les verrous administratifs resteront en place, celui qui incarnait la “méthode OM” devra, bon gré mal gré, continuer à représenter un club qui l’a déjà relégué.