En août 2024, le Real Madrid vendait 50% des droits de Nico Paz à Como pour 6 millions d’euros, en conservant une option de rachat. Moins de deux ans plus tard, la manœuvre prend tout son sens : le retour du milieu offensif argentin est acté pour l’été 2026. Un coup de maître à petits frais pour le successeur désigné de Luka Modrić.
Il y a des opérations de mercato qui ne ressemblent à rien sur le moment, et qui finissent par révéler toute leur intelligence avec le recul. Le deal imaginé par Florentino Pérez autour de Nico Paz à l’été 2024 appartient résolument à cette catégorie. En cédant 50% des droits du jeune milieu offensif argentin au club lombard de Como pour 6 millions d’euros fixes, tout en conservant une option de rachat échelonnée — 9 millions d’euros à l’été 2026, 10 millions en 2027 — et un droit d’égaler toute offre tierce, le président madrilène avait construit un filet de sécurité aussi discret qu’efficace.
Dix-huit mois plus tard, le filet se referme. Selon des informations concordantes publiées par AS et Marca entre fin mars et début avril 2026, confirmées par Fabrizio Romano, le Real Madrid a décidé d’activer sa clause de rachat à 9 millions d’euros. Le retour de Nico Paz à la Casa Blanca pour l’été 2026 est considéré comme acté dans la presse espagnole. « Real Madrid tiene cerrado el regreso de Nico Paz para verano 2026 », titrait AS le 27 mars, sans ambiguïté.
Deux saisons de confirmation en Serie A
Pour mesurer la pertinence de ce retour, il faut regarder ce que Nico Paz a accompli depuis son départ de Madrid. Arrivé à Como dans un club fraîchement promu en Serie A, le milieu offensif de 21 ans — né à Madrid de parents argentins — n’a pas mis longtemps à s’imposer comme l’une des révélations du championnat italien. Sur la saison 2024-2025, il a compilé 6 buts et 7 passes décisives en 36 journées, contribuant activement au maintien du club lombard dans l’élite.
L’exercice 2025-2026 est encore plus convaincant. En 15 journées de Serie A, Nico Paz affiche déjà 5 buts et 5 passes décisives, participant directement à l’excellente campagne de Como, qui pointe à la quatrième place du championnat avec 57 points. Sur l’ensemble de ses deux saisons italiennes, le bilan est limpide : 11 buts et 12 passes décisives, dans un championnat réputé pour son exigence tactique et défensive. Des statistiques qui ne laissent aucune place au doute quant à sa maturité.
Le refus de Tottenham, un signal fort
Ce qui confirme définitivement l’attachement de Nico Paz au projet madrilène, c’est son refus catégorique d’une offre en provenance de Tottenham, évaluée autour de 70 millions d’euros. Une somme astronomique pour un joueur recruté 6 millions d’euros deux ans plus tôt, et qui aurait représenté pour Como une plus-value exceptionnelle. Mais ni le club lombard ni le joueur n’ont cédé à la tentation.
Son agent a été clair auprès de Fabrizio Romano : « Nico solo quiere Real Madrid, rechaza Premier. » Une déclaration de principe qui en dit long sur l’état d’esprit d’un joueur qui n’a jamais envisagé sa parenthèse italienne comme une fin en soi, mais comme une étape de construction avant de rejoindre celui qu’il considère comme son club de cœur et de destin.
Ce refus change aussi la lecture du deal initial. En intégrant une clause de rachat et un droit d’égaler les offres tierces, le Real Madrid s’était non seulement protégé contre une vente sauvage, mais avait implicitement obtenu la garantie d’un joueur motivé à revenir — et non à partir vers la Premier League dès la première occasion.
Le successeur de Modrić, enfin trouvé ?
C’est peut-être là que réside l’enjeu le plus profond de ce retour. Florentino Pérez envisage Nico Paz dans un rôle de numéro 10 à moyen terme — le successeur naturel d’une ligne créatrice madrilène en transition, entre un Luka Modrić en fin de carrière, un Jude Bellingham dont la saison n’a pas été à la hauteur des attentes, et des questions qui persistent autour de la gestion des espaces offensifs dans le système merengue.
À 21 ans, Nico Paz possède le profil pour assumer ce rôle : vision du jeu, capacité à combiner dans les espaces réduits, sens du but, et une personnalité déjà trempée par deux saisons loin de tout confort institutionnel. Il n’est pas venu à Como pour se cacher — il est venu pour prouver. Mission accomplie.
Sur le plan financier, l’opération est presque indécente dans sa rentabilité pour Madrid. Coût total estimé : environ 15 millions d’euros, en intégrant les 6 millions versés en 2024 et les 9 millions de la clause de rachat. Auxquels s’ajoutera une revalorisation salariale — le salaire perçu à Como était modeste, Madrid devrait l’amener à un niveau de 2 à 3 millions d’euros annuels — mais qui reste raisonnable pour un joueur de cette envergure et de cet âge. Pour comparaison, Tottenham était prêt à débourser 70 millions rien que pour le transfert.
Un message au reste du mercato
Ce dossier intervient dans un contexte particulier pour le Real Madrid, éliminé en quarts de finale de la Ligue des Champions par le Bayern Munich et sous pression pour réussir son recrutement estival. Alors que les pistes Wirtz et Isak nécessitent des investissements colossaux — autour de 300 millions d’euros cumulés selon la presse espagnole — le retour de Nico Paz représente une opération de fond, patrimoniale, qui illustre une autre facette de la stratégie Pérez : savoir attendre, savoir protéger, et savoir récupérer ce qui n’aurait jamais vraiment dû partir.
L’été 2026 au Real Madrid s’annonce historique. Et Nico Paz en sera l’un des personnages centraux.

