Il a 19 ans, il est marocain, et il est déjà dans le viseur d’un géant européen. Le Stade Rennais risque de perdre l’une de ses plus belles pépites avant même d’avoir pu en profiter pleinement.
Le Borussia Dortmund a un problème à résoudre cet été : que faire d’un Ramy Bensebaïni vieillissant, en fin de cycle sous le maillot noir et jaune ? . La réponse, les recruteurs allemands l’ont trouvée à 2 000 kilomètres de la Ruhr, au Roazhon Park de Rennes. Abdelhamid Aït Boudlal, défenseur central marocain de 19 ans, est désormais officiellement identifié comme le successeur naturel de l’international algérien au BvB . Ce profil correspond à la philosophie de recrutement dortmundienne : jeune, formé dans un championnat exigeant, international avec de la marge de progression — Aït Boudlal a déjà été convoqué avec la sélection marocaine des moins de 20 ans . Pour Rennes, la nouvelle est un coup de massue : Franck Haise, qui venait tout juste de prendre ses marques sur le banc breton, verrait ainsi partir l’un des rares éléments de l’effectif qu’il avait identifié comme intransférable dans sa future construction.
Ce qui rend ce dossier particulièrement douloureux pour le SRFC, c’est le contexte financier qui l’entoure. Le Stade Rennais vient de publier ses comptes pour la saison 2024-2025 : 27 millions d’euros de déficit, un record historique dans l’histoire du club, et la septième saison consécutive dans le rouge . Face à cette pression financière structurelle, la direction rennaise sera tentée d’écouter les offres plutôt que de les fermer. Dortmund le sait, et c’est précisément pour cela que le BvB a lancé ses premiers contacts maintenant — avant l’ouverture officielle du mercato le 9 juin — pour éviter toute guerre des enchères avec d’autres prétendants .
L’hémorragie de talents que le Stade Rennais ne peut plus enrayer
Le cas Aït Boudlal s’inscrit dans une dynamique qui dure depuis trois saisons et qui commence à ressembler à un modèle économique subi plus que choisi. Depuis l’été 2025, Rennes a encaissé 140 millions d’euros de ventes — Kader Meïté parti pour 30 millions à Al-Hilal malgré son souhait de rester, Warmed Omari cédé à Hambourg, et plusieurs prêts qui ne seront pas levés. Dans le même temps, les 90 millions investis en recrues n’t ont pas encore produit les résultats attendus : Yassir Zabiri, arrivé cet hiver pour remplacer Meïté en attaque, est déjà annoncé en prêt dès l’été prochain selon le site But Football Club . Un cycle d’achat-revente qui s’emballe, et dans lequel les jeunes pépites comme Aït Boudlal représentent la véritable monnaie d’échange.
Il y a pourtant une donnée qui plaide pour la résistance rennaise dans ce dossier : Estéban Lepaul et l’attaque du SRFC cartonnent. Avec 47 buts inscrits en 28 journées de Ligue 1, les Rouge et Noir affichent des statistiques offensives records depuis leur remontée dans l’élite en 1994 . Lepaul, meilleur buteur de Ligue 1, incarne cette dynamique collective dans laquelle Aït Boudlal joue un rôle défensif central . Vendre le verrou défensif d’une équipe qui joue aussi bien offensivement, c’est prendre le risque de déstabiliser l’équilibre de tout le système de Franck Haise — un risque que Loïc Désiré et la direction devront peser très sérieusement avant de répondre à Dortmund.

