Le Barça casse du Dembélé pour mieux crucifier Koundé

Une erreur, un tweet, et tout un passé qui ressurgit. Après la faute de Jules Koundé face à Majorque, une partie de l’écosystème barcelonais s’est empressée de ressortir le souvenir d’Ousmane Dembélé. Comme si, dans un club en plein doute, casser du Dembélé réglait les problèmes.

La scène est brutale. Jules Koundé se manque lourdement contre RCD Mallorca, intervention ratée, sanction immédiate. Dans la foulée, Quim Vallès, journaliste à Sport, publie un message incendiaire sur X : selon lui, Koundé serait du même bois qu’Ousmane Dembélé, capable d’absences soudaines et spectaculaires. Un parallèle chargé de sous-entendus, lâché pile au moment où le FC Barcelona vacille.

Difficile d’y voir un hasard. Vallès connaît parfaitement les ressorts internes du club, ses nerfs à vif et ses fractures anciennes. Réactiver la figure de Dembélé — génie par intermittence, chouchouté malgré un transfert colossal — revient à remuer une cicatrice jamais refermée. Comme si le départ du Français, pourtant lointain et largement rentabilisé, continuait d’empoisonner le débat.

Le plus ironique, c’est que la cible a changé de nature. Koundé, capitaine discret, fiable sur la durée, affiche des statistiques solides et une régularité reconnue. Mais une seule erreur suffit à effacer le reste et à le projeter dans la même case que son illustre prédécesseur. La mémoire se fait sélective, surtout quand les chiffres dérangent moins que les symboles.

Reste à savoir comment Hansi Flick gérera cette agitation. Éteindre l’incendie en interne ou laisser le tumulte extérieur prospérer. Une chose est sûre : cette polémique a un parfum familier. Celui d’un Barça prompt à juger les siens, à recycler ses vieilles rancunes pour masquer ses fragilités actuelles. Majorque mène au score, la polémique enfle, et le club regarde encore une fois dans le rétroviseur. À ses risques et périls.