À quatre mois de la Coupe du Monde 2026 aux États-Unis, au Canada et au Mexique, l’International Football Association Board (IFAB) prépare l’une des plus grandes réformes des Lois du Jeu depuis l’instauration du carton rouge. Objectif assumé : en finir avec les pertes de temps et redonner au football un tempo plus juste et plus fluide.
Le football s’apprête à vivre une petite révolution. Réunie ce week-end à Hensol, dans le sud du Pays de Galles, pour sa 140e assemblée générale, l’IFAB compte approuver plusieurs mesures qui pourraient transformer la Coupe du Monde nord-américaine en véritable laboratoire du jeu moderne. Depuis quelques saisons, les instances observent une même dérive : les matches s’étirent, les contestations se multiplient, et le temps de jeu réel fond comme neige au soleil. De quoi exaspérer les supporters, frustrés par les simulations et les remplacements interminables qui hachent le spectacle. À partir de juin, tout cela pourrait changer.
Les gardiens et remises au pas
Première cible de la réforme : les pertes de temps, notamment celles liées aux gardiens de but et aux remises en jeu. L’IFAB veut imposer un délai de huit secondes, chronomètre visible à l’appui, pour chaque dégagement ou touche. Trois secondes de préparation, puis cinq secondes de décompte : au-delà, la sanction tombera immédiatement — corner concédé pour un dégagement trop long, ou remise en jeu inversée. L’idée est claire : empêcher la temporisation volontaire et accélérer le rythme. Des expérimentations menées l’an dernier en compétitions de jeunes auraient déjà montré une nette amélioration de la durée effective de jeu.
Autre innovation, la règle des « soixante secondes » pour les soins médicaux : tout joueur nécessitant plus de huit secondes d’intervention devra sortir du terrain pendant une minute, laissant son équipe en infériorité numérique. Une exception subsiste si la faute de l’adversaire entraîne un avertissement, afin d’éviter une double peine pour la victime réelle. Cette mesure, testée lors de la Coupe arabe 2025, vise à décourager les blessures opportunes qui surgissent trop souvent en fin de match pour ralentir le jeu.
La VAR et les hors-jeu en ligne de mire
Les réformes toucheront également la vidéo. La VAR pourra désormais intervenir en cas de corner mal accordé conduisant à un but, ou sur un second carton jaune injustifié. Un ajustement qui doit limiter les erreurs manifestes sans pour autant alourdir la durée des matches. Quant au hors-jeu, le débat reste ouvert. L’idée défendue par Arsène Wenger — ne sanctionner qu’un joueur dont l’ensemble du corps dépasse celui du défenseur — continue à diviser, mais pourrait être testée avant la fin de l’année.
En toile de fond, une conviction s’impose : le football doit redevenir un sport rythmé, lisible et crédible. Après avoir dompté la technologie, les dirigeants rêvent désormais de dompter le temps. Si ces mesures sont entérinées ce week-end, la Coupe du Monde 2026 pourrait ne pas seulement inaugurer un nouveau format à 48 équipes, mais aussi une nouvelle ère où chaque seconde comptera vraiment.

