La rupture entre Karim Benzema et Al-Ittihad n’est plus un simple malaise, c’est un bras de fer assumé.
En fin de contrat en juin prochain, l’attaquant de 38 ans a refusé de disputer la rencontre de championnat face à Al-Fateh après une première proposition de prolongation émanant de la ligue saoudienne, considérée par son entourage comme un manque de respect. Selon les informations de Sacha Tavolieri, l’offre se limiterait essentiellement aux droits d’image, sans réelle revalorisation salariale, au point de convaincre le Français que les dirigeants cherchent désormais à s’en séparer dès que possible. Dans ce contexte électrique, Benzema a demandé à être écarté du groupe, actant publiquement sa volonté de ne plus porter le maillot d’Al-Ittihad tant qu’aucun projet crédible ne lui sera proposé.
Le pari Ligue 1… et les Bleus en ligne de mire
Face à cette impasse, une idée a fait son chemin ces dernières semaines : revenir en France pour se relancer et retrouver une vitrine européenne de haut niveau. Le scénario d’un retour en Ligue 1 est d’autant plus séduisant que Benzema n’a jamais fermé la porte à un ultime défi tricolore, lui qui s’imagine jouer jusqu’à 40 ans et ne cache pas son attachement à la France et à son club formateur. La perspective d’une exposition médiatique et sportive accrue pourrait surtout nourrir son rêve de disputer la Coupe du monde 2026, une compétition pour laquelle il a récemment réaffirmé sa disponibilité, expliquant qu’il « viendrait et jouerait » si on l’appelait à nouveau en équipe de France.
Dans ce jeu de dominos, l’Olympique Lyonnais apparaît naturellement comme la destination la plus évidente. Formé à l’OL, où il a explosé avant de s’envoler pour le Real Madrid, Benzema entretient un lien presque viscéral avec le club rhodanien, régulièrement alimenté par les clins d’œil publics de Jean-Michel Aulas, qui ne cesse de lui demander « quand est-ce qu’il revient ». Sportivement, Lyon cherche toujours un leader offensif capable de porter un projet en reconstruction, même si le club a déjà renforcé son secteur offensif cet hiver et reste contraint financièrement. Entre la puissance symbolique d’un retour du “Gone” et la réalité budgétaire d’un OL encore fragile, le dossier relève pour l’instant du coup de folie plus que de l’évidence comptable.
Un marché restreint, un feuilleton ouvert
En dehors de Lyon, les options hexagonales de Benzema restent, à ce stade, limitées. Le Paris Saint-Germain et l’Olympique de Marseille ne sont pas en quête urgente d’un numéro 9 supplémentaire, tandis que des clubs comme Lille, Rennes ou Monaco, pourtant à la recherche d’un buteur, semblent davantage tourner leurs regards vers des profils plus jeunes, plus abordables et plus facilement intégrables dans une logique de revente. À l’étranger, d’autres pistes ont déjà été évoquées ces derniers mois, de la Juventus à certains cadors turcs comme Fenerbahçe, preuve que le statut et l’aura de l’ancien Madrilène continuent de susciter l’intérêt malgré son âge avancé.
Le temps, lui, joue contre toutes les parties. Le mercato d’hiver se termine lundi soir et chaque jour qui passe rapproche un peu plus Benzema d’une fin de contrat chaotique en Arabie saoudite, loin des terrains et de la lumière. Pour autant, la simple idée de voir le Ballon d’Or 2022 refouler une pelouse de Ligue 1, avec en toile de fond un dernier défi en Bleu lors du Mondial 2026, suffit à enflammer les imaginations et à installer ce feuilleton tout en haut de l’affiche de cette fin de marché. Reste à savoir si le romantisme du football saura, une fois encore, forcer la réalité économique.
