Ministre des Sports lors de la Coupe du monde en 2010, Roselyne Bachelot revient sur son intervention devant les joueurs de l’équipe de France au lendemain de la fameuse grève de Knysna.

Son discours avait fait le tour de la planète. Quatre ans plus tard, Roselyne Bachelot revient pour la première fois sur les évènements survenus en Afrique du Sud au sein de l’équipe. Alors ministre des Sports, elle avait vécu la fameuse grève de Knysna depuis le pays où se disputait la Coupe du monde 2010. Pour elle, cet événement est l’ordre de l’irrationnel, une sorte d’opéra maléfique, comme elle l’explique dans les colonnes de l’Equipe. C’est sous la pression du Président Nicolas Sarkozy qu’elle a dû aller s’exprimer face aux joueurs par la suite.

Tu restes en Afrique du Sud, tu vas à la rencontre des joueurs et tu les engueules, lui aurait-il dit, explique-t-elle. Prenant conseil auprès de Raphaël Ibanez, ancien capitaine du XV de France de rugby, elle a dit aux joueurs : ‘Quelle image voulez-vous que vos mères et vos enfants gardent de vous?’ Ils étaient sous le choc, ils n’ont rien dit. Elle en voit alors certains avec les larmes aux yeux, comme elle l’assure de nouveau. Et non pas car ils souhaitaient pleurer de rire, comme a ironisé Raymond Domenech dans son livre Tout seul.

Oh là là là, qu’est-ce qu’elle nous a passé M’ame Bachelot


Cette réflexion montre bien le mépris qu’avait Domenech pour ses joueurs. Sous-entendre qu’ils pleuraient de rire… Comme si ces hommes étaient incapables de prendre cette affaire au sérieux, tacle la désormais chroniqueuse sur D8. On peut faire bien des critiques à ces joueurs, mais ce sont aussi de grands enfants sentimentaux. Le lendemain, au petit déjeuner, j’étais juste derrière Ribéry. Je l’entendais parler au téléphone, il devait s’adresser à sa mère : ‘Oh là là là, qu’est-ce qu’elle nous a passé M’ame Bachelot’. Pour lui, mon discours avait produit un effet certain…

De retour en France, elle s’adresse devant l’Assemblée Nationale et taxe les Bleus de caïds immatures. Des propos qu’elle assume. Je récuse toute connotation raciste ou ethnique au terme ‘caïd’, largement utilisé dans la langue française, les films d’Audiard en témoignent. Quant au terme ‘immature’… Que les joueurs aient fait preuve d’immaturité à Knysna, c’est d’une telle évidence !, lance-t-elle, avouant avoir pris conscience que le football est un enjeu politique, même géopolitique suite à ces évènements, et taclant l’encadrement de l’équipe de France dont la la responsabilité est majeure dans cette affaire. Pas sûr toutefois que les fantômes du passé méritaient d’être sortis du placard pour autant…