Kolo Muani quasiment assuré de disputer la Coupe du monde malgré sa saison calamiteuse

La rupture du tendon d’Achille de Hugo Ekitike rebat les cartes à quelques semaines du Mondial 2026. Et si Randal Kolo Muani, passé de star du PSG à remplaçant de luxe à Tottenham, était sur le point de vivre le retournement de situation de sa carrière ?

Il y a des coups du sort qui ne préviennent pas. Lundi 14 avril 2026, au Parc des Princes, Hugo Ekitike s’effondre sur la pelouse lors du quart de finale retour de Ligue des champions entre le PSG et Liverpool. Le diagnostic tombe quelques heures plus tard, implacable : rupture du tendon d’Achille. Fin de saison. Fin de Mondial. Pour l’attaquant parisien de 23 ans, qui s’était imposé comme l’une des révélations du football français, la Coupe du monde 2026 ne sera qu’un écran de télévision.

À des centaines de kilomètres de là, dans la région londonienne, un autre attaquant tricolore a forcément suivi la nouvelle avec une attention particulière. Randal Kolo Muani, 26 ans, sous le maillot de Tottenham Hotspur depuis cet hiver, vit depuis des semaines une saison en demi-teinte. Titulaire irrégulier dans le nord de Londres, loin des projecteurs qui l’avaient illuminé lors de sa grande époque au PSG, l’ancien Nantais semblait condamné à regarder le Mondial depuis les tribunes. La blessure d’Ekitike change peut-être tout.


De Paris à Londres, un exil qui ne ferme pas les portes

Pour comprendre la situation de Kolo Muani, il faut rembobiner le film. Recruté par le Paris Saint-Germain à l’été 2023 pour plus de 90 millions d’euros, il avait connu une première saison encourageante avant de s’effacer progressivement dans l’ombre de Kylian Mbappé, puis dans celle d’un effectif reconfiguré autour de nouvelles ambitions. Le transfert à Tottenham, bouclé en janvier 2026, ressemblait davantage à une sortie de secours qu’à une montée en puissance.

En Premier League, l’adaptation a été laborieuse. Quelques buts, des éclairs de talent, mais aussi des matches passés sur le banc ou en bout de course. Pas exactement le profil d’un titulaire indiscutable à l’approche d’une Coupe du monde. Et pourtant.

Car si Didier Deschamps est fidèle à quelque chose depuis plus d’une décennie à la tête des Bleus, c’est à ses hommes de confiance. Et Kolo Muani, malgré ses hauts et ses bas en club, en est un. Convoqué lors du rassemblement de mars 2026 pour la tournée aux États-Unis aux côtés de Mbappé, Olise et Ekitike lui-même, il comptait à cette date neuf buts en 32 sélections. Un bilan honorable, forgé dans les grands rendez-vous, qui dit mieux que n’importe quelle statistique de Ligue des champions ce que le sélectionneur pense de lui.


La logique Deschamps : au-delà des statistiques

Deschamps a toujours eu cette particularité de construire ses groupes autour d’une alchimie humaine autant que footballistique. Il l’a dit et répété : le collectif prime, l’état d’esprit compte autant que la forme du moment. Or, dans ce registre-là, Kolo Muani n’a jamais mis le staff en défaut. Jamais un mot de travers, une polémique, une attitude déplacée. Dans un vestiaire qui peut parfois être le théâtre de tensions — on se souvient des remous de la génération précédente —, ce type de profil a une valeur inestimable.

L’attaquant de Tottenham offre également quelque chose de difficilement remplaçable dans le système de Deschamps : sa capacité à jouer en pivot, à faire vivre le ballon dans des espaces réduits, à créer du mouvement dans la surface adverse. Avec Mbappé dans l’axe ou sur un côté, avec la vitesse de Barcola et la créativité d’Olise, Kolo Muani peut être le corps physique, le point d’appui qui libère les autres. Un rôle ingrat, peu spectaculaire, mais stratégiquement décisif.


Les concurrents existent, mais partent de loin

Le forfait d’Ekitike ne signifie pas que la place de Kolo Muani est automatiquement réservée. La liste définitive sera annoncée par Deschamps le 13 mai 2026 sur TF1, et il reste près d’un mois de football, de blessures possibles, de surprises envisageables.

Parmi les noms qui circulent, Jean-Philippe Mateta (Crystal Palace) apparaît comme le concurrent le plus sérieux. L’ancien Lyonnais traverse une excellente saison en Premier League, au point d’intégrer les radars du sélectionneur. Sa puissance physique et son sens du but le placent dans la course. Florian Thauvin, de retour en Ligue 1 sous les couleurs du RC Lens après ses années mexicaines, tente lui aussi de rappeler qu’il existe. Mais à 32 ans, sa dernière sélection remonte à plusieurs années, et la fenêtre semble étroite.

Christopher Nkunku (AC Milan) et Kingsley Coman (Al-Nassr) complètent ce tableau des possibles, sans toutefois représenter une menace frontale sur la position de favori qu’occupe Kolo Muani aux yeux des observateurs. Aucune source dans le milieu du football français ne l’écarte à ce stade.


Un Mondial comme point de bascule

Ce qui rend cette histoire particulièrement saisissante, c’est que Kolo Muani pourrait vivre en quelques semaines le retournement de situation le plus inattendu de sa carrière. Il y a six mois, il était présenté comme l’une des déceptions du mercato parisien. Aujourd’hui, il est à un coup de fil de Deschamps d’une convocation pour le plus grand événement footballistique de la planète.

La Coupe du monde 2026, co-organisée par les États-Unis, le Mexique et le Canada, s’annonce comme l’édition de tous les records, avec 48 équipes participantes pour la première fois de l’histoire. La France, tenante de son titre mondial de 2018 et finaliste en 2022, part avec des ambitions maximales.

Dans ce contexte, chaque choix du sélectionneur prend une dimension considérable. Faire confiance à Kolo Muani plutôt qu’à un buteur en pleine forme comme Mateta, c’est parier sur l’expérience internationale contre la fraîcheur. C’est choisir l’homme de confiance contre l’homme du moment. Deschamps a souvent tranché en faveur du premier type. Rien n’indique qu’il changera de méthode.


Le 13 mai 2026, sur TF1, Didier Deschamps lira une liste de noms. L’un d’eux, très probablement, sera Randal Kolo Muani. Pour un attaquant dont la carrière a connu autant de courbes que le ferait une course de haies, ce serait une nouvelle preuve que dans le football, le dernier mot appartient rarement aux pronostics — et presque toujours à ceux qui savent attendre leur heure.


Informations arrêtées au 15 avril 2026. La liste officielle de la sélection française pour la Coupe du monde 2026 sera dévoilée le 13 mai 2026.