Johansson critique Blatter et Platini

Si Sepp Blatter et Michel Platini ne sont plus les meilleurs amis du monde, les relations sont aussi froides entre le président de la FIFA et Lennart Johansson. Le Suédois, prédécesseur de Platini à la tête de l’UEFA, craint que le Suisse use de ses soutiens pour pousser un homme de son choix à l’élection à la présidence de la FIFA le 26 février. Si l’élection est maintenue pourrait-il ajouter…

A la fin des années 1990, il aurait pu devenir président de la FIFA. Mais le tandem Sepp Blatter-Michel Platini l’avait ringardisé lors de l’élection qui précédait la Coupe du monde 1998. Longtemps président de l’UEFA (1990-2007), Lennart Johansson s’était alors concentré sur la confédération européenne avant d’être poussé dehors par Michel Platini en 2007, soutenu alors par Sepp Blatter. Depuis le Suédois s’est mis en retrait, mais il garde un oeil sur les affaires du football. C’est une tragédie la manière dont est dirigé le sport le plus important au monde, regrette Johansson dans une interview à l’hebdomadaire allemand Sport Bild. Mais Blatter est intelligent, il fera tout pour que son successeur soit la personne qu’il souhaite. Pour cela, il mise sur les soutiens qu’il a encore particulièrement en Asie et en Afrique.

Personnellement, le Suédois de 85 ans est favorable à Michael van Praag, le président de la Fédération néerlandaise, fervent opposant de Blatter mais qui ne s’est pas déclaré encore. Il respecte toutefois les soutiens de Franz Beckenbauer et du président de la Fédération allemande Wolfgang Niersbach exprimés en cas d’éventuelle candidature du Sud-Africain Tokyo Sexwale, ancien compagnon de cellule de Nelson Mandela. Je ne connais pas Tokyo Sexwale (…) mais si Franz Beckenbauer et Wolfsgang Niersbach le soutiennent c’est qu’il serait la bonne personne. J’ai une entière confiance en leur jugement, dit Johansson, insistant que seule la transparence (qui) peut redorer la réputation de la FIFA.

Parmi les candidats déclarés à l’élection présidentielle figurent notamment le Prince Ali et Michel Platini, président de l’UEFA, suspendu également pour 90 jours . Le comité exécutif d’urgence de la Fifa prévu le 20 octobre, programmé après la suspension de Blatter, pourrait se pencher sur l’hypothèse d’un report de la date de l’élection du prochain patron du football mondial.

Johansson s’interroge par ailleurs sur les 1,8 million d’euros reçus par Michel Platini de la part de la FIFA en 2011 pour un travail de conseiller achevé en 2002. J’étais un membre du comité exécutif de la FIFA et à l’époque et Blatter aurait dû faire état de ce paiement au comité éxécutif mais ne l’a jamais fait, a expliqué le Suédois qui embrasse la thèse d’un paiement effectué en échange du soutien du Français pour l’élection à la présidence de la FIFA en 2011. En outre, Johansson estime que Niersbach devrait être président de l’UEFA car il a fait de la DFB, la fédération allemande, probablement la plus importante fédération au monde : J’ai suggéré à Wolfgang Niersbach de poser sa candidature à la présidence de l’UEFA (…) Mais il a dit qu’il ne voulait pas. C’est dommage. Il ferait un excellent président de l’UEFA.